Bientôt des voies réservées aux personnes issues de milieux modestes dans les concours de la fonction publique

COUP DE POUCE La ministre Amélie de Montchalin veut améliorer la diversité sociale dans les concours administratifs

20 Minutes avec AFP
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Amélie de Montchalin est la ministre de la Fonction publique depuis juillet.
Amélie de Montchalin est la ministre de la Fonction publique depuis juillet. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Des voies seront réservées, dès 2021, aux étudiants d’origine modeste dans les concours administratifs afin d’accentuer la diversité sociale au sein de la haute fonction publique, annonce mercredi la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques Amélie de Montchalin. « Ce ne seront certainement pas des concours au rabais. Ils seront sélectifs », annonce-t-elle dans un entretien au Monde.

La ministre souhaite « que cela concerne tous les concours de la haute fonction publique : ENA, directeurs d’hôpital, administrateurs territoriaux, commissaires, magistrats, attachés d’administration… Et ce, dès 2021, au moins à titre expérimental ». Elle estime que « la haute fonction publique a perdu en diversité sociale et territoriale » en notant que, dans la promo 2019-2020 de l’ENA, « 1 % des élèves ont un père ouvrier » contre « 4 % en 2006 ».

Augmenter la capacité des prépas

Pour « aller chercher les jeunes qui pensent que ces concours ne sont pas faits pour eux », Amélie de Montchalin veut « s’appuyer sur ce qui existe : beaucoup d’écoles de la fonction publique ont créé leur propre classe préparatoire (…) Mais ce dispositif est trop morcelé et invisible. Nous devons donc le rendre plus attractif, en harmonisant les prépas, en leur donnant un label, en les associant aux universités ou aux Instituts d’études politiques en région, en faisant en sorte que cela débouche sur un diplôme. »

« Aujourd’hui, 700 personnes fréquentent ces prépas. Je souhaite que l’on monte à 2.000, au moins. Ce sont eux qui pourront passer les concours dédiés. Ce n’est pas exclusif. Quand on est boursier, qu’on a passé son bac dans un quartier prioritaire de la politique de la ville, dans une zone de revitalisation rurale, on a vocation à candidater. Il y a aussi des élèves qui n’entrent pas dans ces critères mais dont le mérite, le parcours de vie justifient qu’ils puissent passer ces concours », ajoute-t-elle.