Coronavirus à Rennes : Le CHU recrute pour doubler sa capacité d’analyse de tests

EPIDEMIE Les délais pour obtenir un rendez-vous étaient passés à près de cinq jours

Camille Allain

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Illustration d'analyses de tests PCR effectués dans le cadre de l'épidémie de Covid-19.
Illustration d'analyses de tests PCR effectués dans le cadre de l'épidémie de Covid-19. — Syspeo / SIPA
  • Le CHU de Rennes est en mesure d’analyser 2.000 tests PCR par jour grâce au recrutement de nouveaux techniciens.
  • Cette capacité a été doublée pour faire face à la demande croissante de la population, notamment dans la métropole rennaise.
  • Les professionnels de l’hôpital restent sceptiques sur l’utilité des tests antigéniques plus rapides, mais moins fiables.

« En cas de doute, allez vous faire tester ». Les consignes de prévention des autorités sanitaires ont été claires depuis la rentrée. Tellement claires qu’elles ont fait exploser les différents sites de dépistage de Covid-19 de la métropole rennaise. Une maison de retraite de la métropole en a fait les frais en étant assaillie d’appels après avoir été référencée par erreur comme centre de dépistage. Les sites de la région de Saint-Malo aussi, quand ils ont vu des centaines d’habitants de la capitale bretonne prendre rendez-vous pour diminuer le délai d’attente. Depuis ce vent de folie, la situation est globalement revenue à la normale en Ille-et-Vilaine et un patient doté d’une ordonnance peut obtenir un rendez-vous en 24 heures. Mais derrière la capacité accrue de tests, c’est l’analyse qui commençait à faire défaut, les délais ayant été allongés jusqu’à trois jours dans certains laboratoires.

Le problème pourrait avoir trouvé sa solution. Vendredi, le CHU de Rennes a annoncé qu’il allait rapidement doubler sa capacité d’analyse courant octobre, grâce au recrutement de nouveaux techniciens au sein de son laboratoire de virologie. « Les laboratoires privés étaient saturés et le nôtre aussi », concède la directrice de l’hôpital Véronique Anatole-Touzet. « La charge de travail demandé à notre laboratoire est massive. Les équipes sont épuisées. Le recrutement de nouveaux techniciens n’a pas été simple mais nous y sommes parvenus. Il a ensuite fallu les former », détaille la directrice. Le drive va d’ailleurs déménager pour se mettre à l’abri à compter de mardi dans l’ancien restaurant scolaire du collège Rosa-Parks (13, rue du Bourbonnais).

Des délais de dix à vingt heures

Au printemps, environ 400 analyses de prélèvements Covid-19 étaient réalisées chaque jour par le laboratoire de virologie du CHU. Un nombre qui est monté à environ un millier par jour avec l’ouverture de la plateforme de dépistage à haut débit (il y en a 20 en France). Fonctionnant 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, l’outil sera très bientôt en capacité de traiter 2.000 tests par jour. « Les délais moyens de rendu des résultats oscillent actuellement entre dix et vingt heures », promet le CHU. Depuis le début de la crise sanitaire, le laboratoire de virologie a analysé 70.000 tests PCR, dont 20.000 depuis la reprise de l’épidémie en fin d’été. Un peu plus de 50 % de ces tests sont envoyés par d’autres hôpitaux de la région dont les capacités d’analyse sont plus limitées.

Quant aux tests antigéniques dont la France parle tant​, ils ne sont pas encore utilisés. Les médecins rennais invitent d’ailleurs à la retenue quant à ces tests rapides qui peuvent offrir des résultats en 30 minutes. « Leur fiabilité est plutôt décevante pour l’instant. Ils pourront servir à décharger certains laboratoires des demandes obligatoires comme ceux qui doivent prendre l’avion, mais c’est tout », prévient le professeur Pierre Tattevin, chef du service des maladies infectieuses. « Ça ne résoudra pas les problèmes de dépistage », ajoute le professeur Gilles Brassier, président de la Commission médicale de l’établissement.