Mort de Victorine : Une information judiciaire ouverte et une cellule d'investigation créée une semaine après la découverte du corps de l'étudiante

MEURTRE Le corps de Victorine, 18 ans, a été retrouvé dans un ruisseau à Villefontaine (Isère) le 28 septembre

Elisa Frisullo

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Victorine, 18 ans, a été retrouvée morte le 28 septembre 2020 à Villefontaine, en Isère.
Victorine, 18 ans, a été retrouvée morte le 28 septembre 2020 à Villefontaine, en Isère. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Il y a une semaine, les gendarmes retrouvaient le cadavre de Victorine, cette jeune fille de 18 ans activement recherchée à Villefontaine après l’alerte donnée par sa famille.
  • Les premiers résultats de l’autopsie ont écarté la piste accidentelle et conclu à une mort par noyade avec intervention d’un tiers.
  • Ce lundi, le parquet de Grenoble a fait le point sur les investigations qui seront conduites désormais dans le cadre d’une information judiciaire.
  • Aucun nouvel élément n’a été dévoilé sur les détails de l’enquête.

Une semaine après la découverte du corps de Victorine à Villefontaine, en Isère, les investigations s’annoncent d’une grande complexité. Lors d’un point d’étape sur l’enquête ce lundi, le procureur de la République adjoint de Grenoble Boris Duffau a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire contre X.

Vu « la complexité de l’enquête », trois juges d’instruction ont été désignés. Les investigations porteront sur les qualifications de « meurtre » et « d’enlèvement et séquestration », « pour savoir ce qui s’est passé entre la disparition de la jeune fille et la découverte de son corps », a ajouté le parquet.

Dix enquêteurs à plein temps sur l’affaire

Dans le cadre de cette information judiciaire, une cellule d’enquête a également été créée. Baptisée HomRoche, elle rassemblera dix enquêteurs de la section de recherche de Grenoble et du groupement de gendarmerie de l’Isère « exclusivement dédiés à cette enquête » et sera dotée de moyens supplémentaires financés par Paris, a ajouté le procureur adjoint.

Sur le résultat des recherches menées depuis le 28 septembre dernier, en revanche, la justice et la gendarmerie n’ont pas souhaité en dire davantage. « L’enquête, à ce stade, ne permet pas de donner plus d’éléments », a indiqué le procureur de la République de Grenoble, rappelant la nécessité de conserver une phase secrète pour la bonne avancée des investigations.

Le numéro vert toujours actif, de nombreux témoignages recueillis

Cela ne veut évidemment pas dire pour autant que les gendarmes n’ont pas du tout avancé. « Depuis la disparition de Victorine, le 26 septembre au soir, 40 enquêteurs ont été mobilisés, 130 auditions de terrain menées et 662 personnes contactées par les enquêteurs », a précisé ce lundi le colonel James, commandant de la section de recherches de Grenoble. Depuis son activation le jour de la découverte du corps de l’étudiante, le numéro vert (0800.200.142), qui reste actif, a enregistré 305 appels. « Tout ceci fait l’objet de vérifications systématiques », a assuré le colonel.

Samedi soir, dans la zone où Victorine a disparu, à savoir entre le stade de la Prairie où elle a passé son dernier appel et le domicile familial situé à 2 km de là, un millier de véhicules et 63 piétons ont été contrôlés. « Il s’agissait de recueillir des compléments de témoignages de gens qui ont l’habitude d’emprunter ce lieu », a indiqué le colonel.

Le corps rendu à la famille

Victorine Dartois a disparu vers 19 h le 26 septembre sur le chemin du retour d’une sortie avec ses amis au village de Marques de Villefontaine. Inquiets de ne pas la voir revenir alors qu’elle avait appelé pour dire qu’elle rentrait à pied après avoir raté son bus, ses proches avaient alerté la gendarmerie. Sa disparition avait dès lors été prise très au sérieux et des battues avaient été organisées tout le week-end pour tenter de la retrouver. En vain. Son corps a finalement été découvert grâce au flair d’un chien Saint-Hubert le lundi 28 septembre, dans une zone difficile d’accès, dans les eaux d’un ruisseau peu profond situé près du stade de la Prairie.

Les premiers résultats de l’autopsie ont écarté la thèse accidentelle et ont conclu à « une mort par noyade avec intervention d’un tiers ». « Des ecchymoses internes » ont été relevées mais pas de traces de violences sexuelles pour l’heure, avait indiqué la semaine dernière le parquet de Grenoble. Pour les innombrables questions restées sans réponse au sujet de la mort de Victorine, sa famille va devoir encore attendre. Tout comme les milliers d’habitants de Villefontaine qui ont participé dimanche à la marche blanche organisée en hommage à la jeune fille. Un dernier hommage devrait pouvoir lui être rendu prochainement, le permis d’inhumer ayant été délivré, selon le parquet de Grenoble.