Egalité hommes-femmes : Près de 17.000 entreprises n’ont pas rempli l’index

DISCRIMINATION Pour la ministre du Travail, trop d’entreprises ne font pas assez d’efforts pour modifier les inégalités hommes-femmes

J.-L.D. avec AFP

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Elisabeth Borne veut pousser pour l'égalité Hommes/Femmes
Elisabeth Borne veut pousser pour l'égalité Hommes/Femmes — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, indique dans Le Parisien dimanche que 16.680 entreprises de 50 à 250 salariés n’ont pas encore rempli l’index d’égalité professionnelle, obligatoire depuis mars, et souligne qu’une entreprise de plus de 250 salariés va devoir payer une amende.

Depuis mars 2019, chaque entreprise d’au moins 250 salariés doit calculer et publier tous les ans sur Internet son indice d’égalité femmes-hommes. C’est aussi le cas depuis mars 2020 pour les entreprises de 50 à 250 salariés.

Cinq critères et peu d’efforts

L’index comprend cinq critères : l’écart de rémunération femmes-hommes (40 points), l’écart dans les augmentations annuelles (20 points), l’écart dans les promotions (15 points), les augmentations au retour de congé maternité (15 points) et enfin la présence de femmes parmi les plus gros salaires de l’entreprise (10 points). « En mars 2020, 77 % des entreprises de plus de 1.000 salariés avaient renseigné leur index. Elles sont aujourd’hui 97 % », dit Elisabeth Borne.

Parmi celles de moins de 250 salariés, « 52 % ont fait l’effort de le remplir malgré le contexte sanitaire et économique », ajoute la ministre, qui va « maintenant mobiliser les services de la Direction générale du travail pour contacter les 16.680 entreprises de 50 à 250 salariés qui n’ont pas encore rempli cet index ».

Des stagnations et quelques progressions quand même

Il y a six mois, Muriel Pénicaud, la ministre du Travail d’alors, avait annoncé que 19 entreprises étaient en dessous de la note de 75 en 2019. Parmi elles, il y avait Derichebourg (note de 62), Alsace Croisières CroisiEurope (51), Ufifrance Patrimoine (57), Hager electro SAS Obernai (64), Safran Electronics and Defense cockpit solutions (64), Circet (66), Foncia carrières et compétences (66), Securitas France (66) ou Go Sport (74).

Elisabeth Borne a précisé que Safran n’était plus dans la liste mais que Derichebourg Propreté « stagne à 62, Socotec Equipements régresse avec 65 et Securitas France à 69 ». Cette année, 4.000 interventions ont été effectuées « malgré les urgences liées à la crise », avec 116 mises en demeure (dont 93 pour non-déclaration et 21 pour absence de mesures correctives).

Des chiffres « choquants »

« Deux entreprises ont été sanctionnées. L’une d’elles devra payer une amende équivalente à 0,8 % de sa masse salariale », a déclaré la ministre, précisant que des secteurs « sont à la traîne », comme celui de la construction, de l’énergie ou des industries extractives.

« Je trouve choquant que 37 % d’entreprises comptent encore moins de deux femmes parmi leurs dix plus hautes rémunérations. Il y a toujours un plafond de verre », a-t-elle ajouté, prévoyant une concertation avec les partenaires sociaux afin de compléter l’index avec un indicateur supplémentaire sur la part des femmes dans les cadres dirigeants.