Coronavirus : Un salarié licencié pour « faute grave » pour être allé travailler après un test

LITIGE Employé de l’office HLM de Mulhouse, il avait averti sa direction aussitôt après avoir été informé que son test était positif

20 Minutes avec AFP

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Un test PCR en France (illustration).
Un test PCR en France (illustration). — Michel Euler/AP/SIPA

Le coronavirus va s’inviter aux prud’hommes. Un salarié a en effet été licencié pour « faute grave » à Mulhouse, dans le Haut-Rhin, parce qu’il était retourné au travail après avoir passé un test Covid-19 qui s’est avéré positif.

Un test le 16 juillet

Le 14 juillet, Sébastien Klem est revenu de Biarritz avec sa fillette de 4 ans et a repris son emploi à l’office HLM de Mulhouse. Selon lui, il n’avait alors qu’une petite toux mais aucun autre symptôme. Deux jours plus tard, c’est, dit-il par hasard, en passant près d’un drive de dépistage Covid où il n’y avait pas d’attente, qu’il a décidé de se faire tester. Ensuite, il est retourné à son bureau. Mais le soir même, Sébastien Klem a été informé que son test était positif. Aussitôt, il a prévenu son employeur afin que des mesures soient prises. L’étage où il travaillait a été fermé et il a été demandé à toutes les personnes présentes de se faire tester. Sébastien Klem a lui été mis en quatorzaine avec sa fille.

Mi-août, ce salarié a reçu une lettre recommandée pour un entretien préalable en vue d’un éventuel licenciement, puis le 24 août sa lettre de licenciement pour faute grave. Selon la direction, « il n’aurait pas dû retourner au travail après le test. On ne fait pas un dépistage si on n’a pas de suspicion ». Interrogé par le quotidien les Dernières Nouvelles d’Alsace, le directeur général de l’office HLM, Eric Peter, a accusé son salarié d’être « venu travailler avec des symptômes ». « Il en a parlé à ses collègues. Il avait de la toux, de la fièvre, le nez qui coule, les yeux rouges », a-t-il affirmé. « Aujourd’hui il nie les faits. Ces derniers [collègues] nous ont fourni des attestations écrites », a-t-il insisté, assurant que « la réaction de ses collègues a été violente » car « ils ne comprennent pas qu’il soit venu travailler dans ces conditions ».

« On ne joue pas avec la vie des gens »

« On peut être inconscient mais là c’est de l’irresponsabilité. On ne joue pas avec la vie des gens », a souligné Eric Peter, estimant que, au vu de « la gravité des faits, il n’y avait pas d’autre sanction possible ». Sébastien Klem plaide, lui, la bonne foi, assurant qu’il n’avait eu aucune suspicion avant le test, n’ayant qu’une légère toux. Il a décidé de porter l’affaire devant les prud’hommes. Une convocation de conciliation est prévue le 3 novembre.