Coronavirus à Rennes : L’épidémie connaît une légère accalmie mais le CHU appelle à une « extrême vigilance »

EPIDEMIE Le CHU de Rennes souhaite délivrer un message rassurant sur ses capacités d’accueil mais invite la population à poursuivre les efforts

Camille Allain

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L'une des entrées du CHU Pontchaillou à Rennes. Ici le 13 mars 2020 lors de l'épidémie de coronavirus.
L'une des entrées du CHU Pontchaillou à Rennes. Ici le 13 mars 2020 lors de l'épidémie de coronavirus. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le suivi épidémiologique indique une légère accalmie dans la propagation du coronavirus en Ille-et-Vilaine.
  • Rennes et sa métropole restent en zone d’alerte renforcée et les professionnels de santé invitent à la vigilance.
  • Le CHU de Rennes précise qu’il n’est pas saturé mais qu’il ne souhaite pas l’être afin de poursuivre son activité chirurgicale et médicale normalement.

Après des semaines de progression, la propagation de l’épidémie de Covid-19 semble connaître une « légère accalmie » en Ille-et-Vilaine. Ces mots à peine prononcés, la directrice du CHU de Rennes Véronique Anatole-Touzet s’est empressée d’appeler à la vigilance quant à cette petite inflexion.

« Le virus circule énormément dans le département et nous connaissons une situation particulière à Rennes. Il semble qu’il y ait une petite accalmie mais nous avons beaucoup de mal à évaluer l’évolution de l’épidémie », prévient la directrice.

« D’un jour à l’autre, tout peut changer »

Ce vendredi, 22 personnes souffrant du coronavirus étaient hospitalisées dans l’hôpital rennais, sept se trouvant en réanimation. La semaine dernière, ce chiffre était de 33 personnes, et aucun enfant n’a été accueilli. « On n’est pas saturés, il faut rassurer la population, les parents », prévient la directrice, avant un énième rappel à la vigilance. Le président de la Commission médicale de l’établissement ne s’embarrasse pas à trouver d’autres mots pour donner le fond de sa pensée. « Le mot-clé, c’est la vigilance. L’extrême vigilance même, tant nous ne pouvons établir de prévisions. D’un jour à l’autre, tout peut changer ».

« Notre crainte, c’est que la reprise de l’épidémie nous impose des reprogrammations »

Le professeur Gilles Brassier a, comme toute la direction, les yeux rivés sur les chiffres de l’épidémie au quotidien avec une préoccupation principale : le maintien de l’activité « normale » de l’hôpital. « Notre crainte, c’est que la reprise de l’épidémie nous impose des reprogrammations ». Ces fameuses « déprogrammations » avaient été nécessaires au printemps et tous les actes chirurgicaux et médicaux non-urgents avaient été reportés pour faire de la place aux malades du Covid. « Après le printemps, nous avons vu revenir des patients souffrant de formes graves d’infarctus ou des appendicites aiguës. Nous voulons éviter ces pertes de chances. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire la même chose ». Au plus fort de l’épidémie, le CHU rennais avait réussi à maintenir 50 % de son activité chirurgicale, quand certains hôpitaux français sont descendus à 20 ou 30 %.

Pour éviter d’engorger ses lits, l’hôpital compte aussi sur sa meilleure prise en charge des patients atteints du Covid. « Nous avons fait beaucoup de progrès. La prise en charge des cas les plus graves se fait plus vite, elle est plus efficace », précise le professeur Pierre Tattevin, chef du service des maladies infectieuses. « Nous savons quels sont les traitements qui marchent et ceux qui ne marchent et nous avons fait du ménage. On voit des durées d’hospitalisation plus courtes ».

Une mortalité divisée par deux

D’après le professeur, la mortalité des malades du Covid aurait été divisée par deux. Alors que l’automne vient de frapper, le médecin a profité de la présence de la presse ce vendredi pour lancer un appel à se faire vacciner contre la grippe. « Au départ, les symptômes sont les mêmes. Il nous faut limiter le nombre de personnes touchées par les pathologies hivernales. Ça va vraiment nous aider. Et ça va aider les patients ».