Coronavirus à Toulouse : Profil des malades, nouvelles techniques… Ce qu’il faut savoir sur la situation au CHU

EPIDEMIE En deux semaines le nombre de patients Covid en réanimation au CHU de Toulouse a doublé. Avec un léger décalage, l’activité reflète l’importante augmentation des cas dans la population

Hélène Ménal

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Vendredi  2 octobre, il y avait 26 patient en réanimation au CHU de Toulouse, auxquels s'ajoutaient 10 personnes en soins intensifs.
Vendredi 2 octobre, il y avait 26 patient en réanimation au CHU de Toulouse, auxquels s'ajoutaient 10 personnes en soins intensifs. — F. Scheiber - Sipa
  • Le CHU de Toulouse accueille pour l’heure 26 patients en réanimation.
  • Ils ont le même profil que ceux de la première vague mais sont traités différemment.
  • 43 Ehpad de Haute-Garonne sont touchées par le virus, 25 sont devenus des clusters.

Au CHU de Toulouse, « l’augmentation de l’activité Covid est le témoin de ce qui se passe en population générale ». « Les conséquences du taux d’infection des habitants nous touchent avec une semaine de retard pour les hospitalisations, et deux semaines pour les réanimations », explique Marc Penaud, son directeur, confronté à une « forte augmentation » ces deux dernières semaines.

Le nombre d’hospitalisations est passé de 54 à 96, celui des patients en réanimation a exactement doublé pour atteindre 26 malades auxquels s’ajoutent 10 personnes en soins intensifs.

Des profils qui ne changent pas

Pour l’heure, les soignants ont affaire aux mêmes cas graves que lors de la première vague : « majoritairement des hommes en surpoids avec de l’hypertension artérielle », indique Béatrice Riu-Poulenc, chef de la réanimation à Purpan. La proportion des patients âgés s’est « un peu réduite » par rapport au printemps, signe peut-être qu’ils se protègent mieux. La vraie différence, c’est que la plupart de ces malades ont été dépistés au départ. « Nous avons une traçabilité que nous n’avions pas. Nous voyons maintenant que les contaminations sont souvent familiales et sociales, entre amis », dit la médecin.

Des réa moins agressives et plus courtes

Toujours par rapport à la première vague, le temps passé en réanimation est plus court. « De dix jours en moyenne contre trois semaines avant », relève Pierre Delobel, le chef du service des maladies infectieuses. Avec l’expérience, les équipes adoptent aussi des techniques moins invasives. Les patients sont moins intubés au profit d’une oxygénation à fort débit, ils sont donc plus souvent conscients. « Grâce aux essais cliniques, le spectre des traitements a été réduit à un seul antiviral, le Remdesivir, qui a parfois un effet, même s’il est modeste, ajoute Pierre Delobel. Et désormais l’utilisation précoce de la corticothérapie permet à certains patients de passer le cap ».

Un taux de positivité qui marque le pas et des tests antigéniques

Le biologiste Jacques Izopet a l’impression que le taux de positivité des tests à Toulouse, autour de 10 % ce qui est déjà très haut, marque le pas mais il ne veut pas encore en tirer de conclusions. Les files d’attente dans les drives sont aussi moins fournies mais cela peut aussi vouloir dire que les habitants se découragent ou qu’ils cèdent moins au dépistage de confort. Le délai des résultats s’est, lui, « amélioré ». « De 24 à 48 heures », conformément aux consignes, pour les cas prioritaires. Jacques Izopet annonce l’arrivée de tests antigéniques « plus rapides » (le résultat arrive en moins de 30 minutes) mais aussi « moins sensibles ». Ils vont être utilisés pour « les dépistages de masse, dans les entreprises ou les collectivités par exemple ».

Une situation très tendue dans les Ehpad

Le gériatre Yves Rolland qui accompagne les Ehpad de Haute-Garonne confesse une « inquiétude ». Il y a désormais 25 clusters, dont 7 qui comptent entre 10 et 20 résidents ou salariés touchés. « Les résidents ne sortent pas, ils sont donc contaminés par ce qui se passe à l’extérieur », insiste le spécialiste qui appelle plus que jamais « au sérieux » et au respect des gestes barrière dans toute la population.