Pédophilie dans l’Eglise : « L’affaire Preynat est devenue l’affaire Barbarin », regrette le cardinal dans son livre

RELIGION Sept mois après avoir démissionné de ses fonctions d’archevêque à Lyon, Philippe Barbarin publie ce jeudi « En mon âme et conscience »

J.Lau.

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Le cardinal Barbarin, ici le 28 juin lors de sa dernière messe lyonnaise dans la cathédrale Saint-Jean.
Le cardinal Barbarin, ici le 28 juin lors de sa dernière messe lyonnaise dans la cathédrale Saint-Jean. — JEFF PACHOUD / AFP
  • Le cardinal Barbarin vient de sortir ce jeudi En mon âme et conscience aux éditions Plon.
  • L’ancien archevêque de Lyon explique sur près de 300 pages comment il a traversé l’affaire Preynat et ses procès pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs ».

Désormais aumônier sur le diocèse de Rennes, Philippe Barbarin publie ce jeudi aux éditions Plon son livre En mon âme et conscience. Durant près de 300 pages, l’ancien archevêque de Lyon livre « sa » vérité sur l’affaire Preynat et sur ses procès pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs ». « Je ne supporte pas qu’une partie de l’opinion pense encore que j’ai couvert ses actes. Non, je n’ai jamais cherché à cacher des faits de pédophilie ou à entraver le travail de la justice », confie notamment le cardinal, comme le révèle France Inter qui s’est procuré l’ouvrage.

Relaxé en janvier dernier en appel, après une condamnation à six mois de prison avec sursis en première instance, celui-ci a démissionné et quitté le diocèse de Lyon en juin. Il dénonce un « assassinat médiatique », estimant avoir été « abandonné aux vautours ». « J’ai été traité de pédophile, dans le métro, dans les rues, assure-t-il. L’affaire Preynat est devenue l’affaire Barbarin. Je suis la bête noire. Le criminel c’est moi, puisque les médias le disent. »

« J’écoutais les témoignages des plaignants en tremblant intérieurement »

L’archevêque dénonce aussi « une colère contre l’Eglise qui se concentre sur [lui] ». Mais, assure-t-il, « s’il faut que j’en prenne encore plein la figure et que je constate que malgré ma relaxe en 2020, certains continuent de faire des amalgames, refusant de prendre connaissance des faits, ce n’est pas une grande affaire. C’est déjà arrivé à Jésus et à tant de disciples après lui ». Dans En mon âme et conscience, Philippe Barbarin admet tout de même des erreurs quant à l’affaire Preynat, qui a éclaté en janvier 2016 et qui secoue depuis le monde de  l’Eglise.

« En mars 2010, j’ai interrogé Preynat pour savoir si depuis 1991, il y avait eu le moindre enfant abîmé. Il m’a répondu : ''non jamais''. Ai-je eu peur de ce que j’aurais pu découvrir ? Avec le recul, je m’en veux de ne pas l’avoir interrogé davantage. J’ai manqué de courage », reconnaît le cardinal. De même, il revient dans le livre sur sa formule controversée lors d’une conférence de presse : « Grâce à Dieu les faits sont prescrits », une expression qu’il perçoit désormais comme « une bêtise complètement déplacée ». Le cardinal livre également son ressenti face aux « bouleversants témoignages des plaignants ». « J’écoutais en tremblant intérieurement », assure-t-il.