« Marianne » et l’Ifop se défendent après la publication du sondage sur les « tenues correctes » des lycéennes

POLEMIQUE Le sondage controversé avait été réalisé dans le sillage des mobilisations de collégiennes et lycéennes contre « la tenue correcte » imposée aux filles dans certains établissements

20 Minutes avec AFP

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 Lyceenne en jupe devant le lycee Clemenceau a Nantes.
Lyceenne en jupe devant le lycee Clemenceau a Nantes. — Fabrice Elsner/20 MINUTES/SIPA

Face au tollé suscité par la publication d’un sondage sur les tenues des lycéennes, l’hebdomadaire Marianne et l’Institut de sondage Ifop ont défendu ce mercredi leur démarche, arguant d’un sujet « au cœur du débat public ».

L’Ifop a demandé à plus de 2.000 personnes s’ils souhaitaient « que les lycées publics interdisent aux filles le port » d’une série de vêtements « dans l’enceinte de leur établissement », dont le « no bra », présenté comme un « haut sans soutien-gorge au travers duquel la pointe de ses tétons est visible », les hauts « avec décolleté plongeant » ou encore les « crop top » («tee-shirt laissant apparaître le nombril »).

Les pictogrammes ne faisaient pas partie du sondage

Résultat : « 55 % des Français souhaitent interdirent le crop top pour les jeunes lycéennes » et « 66 % le " no bra " », a rappelé l’institut sur Twitter, s’appuyant sur des dessins représentant des poitrines plantureuses partiellement dénudées. S’en est suivie ces mardi et mercredi une vague de réactions outrées sur les réseaux sociaux, parmi lesquelles le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon ou la militante féministe Caroline de Haas.

Dans la foulée, l’Ifop s’est justifié dans un communiqué, rappelant qu’il mesure « depuis plusieurs décennies le soutien des Français aux mouvements sociaux ». Réaliser un tel sondage « est apparu à la fois pertinent » et « conforme aux termes du débat public en cours », a expliqué l’Institut, précisant que les pictogrammes controversés n’ont pas été soumis aux sondés.

Des attaques jugées « injustes »

Dans une vidéo publiée sur sa Web TV, Marianne s’est également défendue par la voix de son journaliste Hadrien Mathoux, qui a évoqué des attaques « pour la plupart très injustes » et expliqué l’intérêt du sondage pour l’hebdomadaire sur un sujet « au cœur du débat public ».

« On considère que c’est dans notre ADN de ne pas chercher à casser le thermomètre sur les sujets qui dérangeraient, mais plutôt à prendre la température » a-t-il lancé, rejetant le « procès en puritanisme sans doute dressé par des gens qui n’ont pas lu notre article ».