Loire-Atlantique : La préfecture veut booster l'utilisation de l'airbag chez les motards

SECURITE ROUTIERE La préfecture de Loire-Atlantique a lancé une opération commerciale pour promouvoir cet équipement de protection

Julie Urbach

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Un aribag moto de la marque Helite
Un aribag moto de la marque Helite — Helite
  • Jusqu'au 15 octobre, les habitants de Loire-Atlantique peuvent commander un « gilet airbag moto » à prix cassé.
  • Un moyen de promouvoir cet équipement encore peu connu, souvent jugé trop cher et peu esthétique.

C’est un bon plan qui se refile entre motards. Depuis quelques jours, une opération commerciale et peu habituelle est organisée par la préfecture de Loire-Atlantique. Jusqu’au 15 octobre, les utilisateurs de deux-roues peuvent commander auprès d’elle un « gilet airbag moto » à prix cassé : vendu habituellement au prix de 550 euros, le modèle sélectionné, de la marque française Hélite, est disponible à 280 euros, soit une réduction de près de 50 %.

Le gilet airbag Helite Turtle

Un moyen qu’a trouvé la préfecture pour promouvoir cet équipement encore peu connu, alors que 17 motards et cyclomotoristes ont perdu la vie sur les routes du département en 2019. « Il permet de protéger le thorax, la colonne vertébrale, les différents organes vitaux, bien mieux qu’avec un blouson, explique Yann Roorick, chargé de mission deux roues motorisées auprès du préfet de Loire-Atlantique. Contrairement au casque et aux gants homologués, il n’est pas obligatoire mais c’est un équipement fiable, qui doit venir en complément. Il serait souhaitable que le prix baisse, car il dissuade beaucoup de monde de s’équiper. »

L’airbag moto se présente sous la forme d’une chasuble, à l’intérieur de laquelle une poche est rattachée à une petite cartouche de gaz. Le modèle sélectionné est filaire, c’est-à-dire qu’une sangle (fixée à un élément de la moto) permet d’activer le gonflement du gilet dès que la victime est éjectée de son engin lors d’un choc ou d’une collision. L’airbag moto peut aussi être électronique : son activation se fait grâce à des capteurs et l’utilisateur doit souvent payer, en plus, un abonnement mensuel.

« Pas esthétique »

Mais le coût ne semble pas être le seul frein à la démocratisation de cet équipement. Selon une consultation effectuée par la fédération des motards en colère (FFMC) l’an dernier (8 % des adhérents sondés ont déclaré déjà posséder un tel airbag), un tiers des répondants craignait une utilisation « trop contraignante ». « C’est sûr que c’est parfois encombrant quand on se balade et qu’il faut le garder à la main, reconnaît Yann Roorick. Par contre, sur soi, c’est relativement léger et aéré. On ne le sent pas ! » Toujours selon cette étude, 66 % des motards interrogés jugent le gilet, souvent noir ou jaune fluo, « pas esthétique ».

Des critiques qu’a déjà entendues plusieurs fois Jean-Paul Brevet, président de l’association Casim 44. « Certains motards sont soucieux de leur image, et privilégient le look parfois au détriment de la sécurité, regrette le représentant de la Chaîne d’amitié pour la sécurité et l’information des motards. Je leur réponds que le plaisir à moto n’est pas nécessairement d’être bien habillé, mais plutôt de rouler sereinement. Et qu’il vaut mieux investir dans un airbag que dans un fauteuil roulant… »

Selon la préfecture de Loire-Atlantique, les utilisateurs de deux roues motorisés représentent 21 % des personnes tuées, alors qu’ils ne constituent que 2 % des usagers.