Immigration : Polémique autour de la forte hausse de l’Aide médicale d’Etat

AIDE MEDICALE La hausse de près de 100 millions d’euros prévue dans le budget 2021 pour l’AME suscite ce mardi une passe d’armes politique

20 Minutes avec AFP

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Marine Le Pen, le 22 septembre 2020 à Paris.
Marine Le Pen, le 22 septembre 2020 à Paris. — Ludovic MARIN / AFP

Dans le projet de loi de finances (PLF) présenté lundi, l’enveloppe accordée à  l’Aide médicale d’Etat (AME) de droit commun, qui permet aux sans-papiers d’accéder aux soins, est en forte augmentation. Son montant atteint 990 millions d’euros, soit 80 % des crédits de la mission santé et 97 millions de plus que l’enveloppe allouée pour 2020 (893 millions d’euros).

« En pleine crise sanitaire, l’Etat entend faire passer une augmentation de presque 100 millions de l’AME, réservée aux étrangers en situation irrégulière. On approche ainsi du milliard consacré à cette aide. Imaginez, si ça partait dans une réforme de l’hôpital public… », s’est indignée sur Twitter la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Un dossier ultrasensible

« Demain on arrête de soigner les étrangers. Vous pensez que les maladies non soignées vont vous épargner parce que vous avez une carte d’identité française ? Spoiler : NON. Soigner les étrangers qui vivent en France c’est une question d’humanité mais aussi de santé publique ! », lui a rétorqué dans les dix minutes Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, en charge notamment des questions d’asile et d’intégration.

Le montant de l’AME fait régulièrement débat sur l’échiquier politique. Il figurait, l’an dernier, au menu du tout premier débat parlementaire sur l’immigration voulu par Emmanuel Macron. Le gouvernement Philippe avait, dans la foulée de ce débat qui doit de nouveau se tenir dans les prochaines semaines, annoncé sa volonté de lutter contre les fraudes à l’AME, ainsi que l’instauration d’une période de carence de trois mois pour l’accès aux soins des demandeurs d’asile.

Limiter le risque sanitaire

L’AME, qui bénéficie aux personnes en situation irrégulière résidant en France depuis plus de trois mois et dont les ressources sont faibles, « contribue à préserver l’ensemble de la population de risques épidémiologiques et sanitaires », souligne le PLF présenté lundi. « Malgré une fermeture temporaire des frontières induite par la crise sanitaire en 2020, la hausse continue des dépenses constatée ces dernières années justifie la poursuite en 2021 des mesures engagées depuis le début du quinquennat », peut-on encore lire dans ce document.

Selon les dernières données officielles disponibles, quelque 318.000 sans-papiers sont éligibles à l’AME. Mais selon une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) publiée fin 2019, seul un immigré en situation irrégulière sur deux en profite.