Coronavirus à Rennes : Les cafetiers appellent à manifester et veulent négocier

EPIDEMIE Le collectif « On va tous trinquer » vient de se monter pour faire entendre les revendications des bistrots et restaurants

Camille Allain

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Les patrons du collectif On va tous trinquer veulent discuter avec la maire de Rennes et la préfète des fermetures de bars et restaurants.
Les patrons du collectif On va tous trinquer veulent discuter avec la maire de Rennes et la préfète des fermetures de bars et restaurants. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un collectif de patrons de cafés, bars et restaurants s’est créé à Rennes pour tenter de se faire entendre.
  • Les professionnels du secteur espèrent être reçus par la maire et la préfète pour discuter des mesures restrictives qui les concernent.
  • Ils regrettent que leurs établissements soient visés et stigmatisés.

« On se sent punis collectivement, sans raison ». A Rennes, les professionnels de la restauration sont désemparés. Sommés de fermer à 22 h depuis lundi et le durcissement de l’arrêté préfectoral censé freiner la propagation de l’épidémie de coronavirus, les cafetiers appellent à un rassemblement. Réunis au sein du collectif « On va tous trinquer », 70 patrons de bars, restaurants, de discothèques et même quelques brasseurs appellent à une manifestation mercredi à 17 h place de la Mairie. « A Bordeaux, à Marseille, à Paris, à Lille, on a vu les élus s’exprimer. A Rennes, on est totalement abandonnés », estime Pierre Clolus, patron du restaurant L’Ambassade et porte-parole du collectif.

Dans un manifeste rédigé à la hâte lundi soir, les signataires demandent à être reçus par la maire et la préfète afin de discuter des mesures mises en place ces dernières semaines, prévoyant la fermeture à 23 h​, puis à 22 h des bars et restaurants. « Certains sont déjà tombés. Et pour d’autres, c’est imminent », estime Eric Billon, patron du Penny Lane, du Fox and Friends et du Tiffany’s. Lui comme ses confrères affirment être conscients de la nécessité de lutter contre l’épidémie mais s’interrogent sur leur « responsabilité ». « On nous stigmatise. Mais les clusters, ils ne sont pas dans nos bars. On a 20.000 étudiants à l’université Rennes 2, des métros bondés mais on va cibler un bar de 20 places installé à Gévezé. On ne comprend pas », poursuit Pierre Clolus.

A Rennes, de nombreux étudiants de médecine inscrits à Rennes 1 auraient contracté le virus après des soirées en ville, avaient fait savoir les autorités. Quelques vidéos de bars où les clients dansaient collés serrés ont également circulé sur la Toile. « On demande des contrôles depuis des mois mais le premier a eu lieu il y a dix jours. Les débordements sont ultra minoritaires », s’agace Maxime Samson, propriétaire du P’tit Vélo, l’un des rares bars de nuit à être encore ouvert dans la capitale bretonne. Les patrons de bars et restaurants estiment pouvoir jouer un rôle dans la régulation des flux en ville. « Venez rue Saint-Michel à 22 h un jeudi et vous allez voir. C’est une fête gigantesque dans la rue. Les jeunes ne s’arrêtent pas là, ils vont dans des appartements s’entasser à 20 dans 20 m². Au moins, nous, on peut faire respecter les gestes barrière », estiment les membres du collectif.

Au-delà de la manifestation prévue mercredi, le collectif « On va tous trinquer » a lancé une pétition et espère être reçu rapidement par la maire et la préfète pour négocier. « On se plie aux demandes des autorités mais on veut pouvoir en discuter ». Les chiffres de contamination dans la métropole, même s’ils semblent se stabiliser, ne jouent pas en leur faveur. L’Ille-et-Vilaine reste en rouge​ et Rennes est toujours considérée comme zone d’alerte renforcée.