Saint-Etienne-du-Rouvray : Fin des investigations, quatre personnes menacées d’un procès

TERRORISME L'attaque avait coûté la vie au père Hamel, 85 ans

G. N. avec AFP

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L'église de Saint-Etienne du Rouvray, dans laquelle le père Hamel a été tué, ici le 26 juillet 2020.
L'église de Saint-Etienne du Rouvray, dans laquelle le père Hamel a été tué, ici le 26 juillet 2020. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Les juges antiterroristes chargés de l’enquête sur l’assassinat du père Jacques Hamel en 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) ont terminé leur enquête, ouvrant la voie à un procès de quatre proches des deux djihadistes tués par la police, a-t-on appris lundi de source judiciaire. Cette décision, prise vendredi, est le prélude aux réquisitions du parquet de Paris et à la décision finale des juges sur la tenue d’un procès aux assises.

L’assassinat, le 26 juillet 2016, de ce prêtre dans son église, cible religieuse hautement symbolique, avait eu un retentissement international, douze jours après l'attentat terroriste de Nice qui avait fait 86 morts. Le prêtre Jacques Hamel, 85 ans, venait d’achever sa messe matinale devant trois religieuses et un couple de paroissiens quand il avait été tué de deux coups de couteaux à la gorge.

Trois hommes en détention

Les assassins, qui se réclamaient de Daesh, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, 19 ans, tous deux fichés S, avaient été abattus par la police à leur sortie de l’église dans cette petite ville de la banlieue industrielle de Rouen. Un paroissien, Guy Coponet, alors âgé de 86 ans, avait été obligé de filmer l’assassinat avec un téléphone avant d’être poignardé à son tour. Blessé à la gorge, au bras et dans le dos, il a toutefois survécu.

Depuis trois hommes, toujours détenus, ont été mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Le premier, Farid K., arrêté au lendemain de l’attaque, est un cousin d’Abdel Malik Petitjean. Les enquêteurs ont la conviction que cet homme de 35 ans connaissait le projet d’attaque, ce qu’il conteste. Quelques jours après, les enquêteurs avaient interpellé Yassine S. Ce jeune homme de la banlieue toulousaine, 26 ans désormais, avait rejoint les deux djihadistes à Saint-Étienne-du-Rouvray, mais les avait finalement quittés sans participer à l’attaque.

Un quatrième suspect probablement mort

En 2018, les juges avaient mis en examen un troisième homme, Jean-Philippe Steven Jean Louis, 24 ans, qui s’était rendu avec Abdel Malik Petitjean en Turquie en juin 2016, quelques semaines avant l’attentat, vraisemblablement dans l’intention d’aller en Syrie. Ce dernier était toutefois rentré en France tandis que son comparse avait été arrêté par les autorités turques puis expulsé.

Instigateur probable de l’attentat, Rachid Kassim, célèbre recruteur français du groupe Etat islamique, est le quatrième homme impliqué dans ce dossier. Considéré aujourd’hui comme mort, ce djihadiste, également accusé d’avoir téléguidé l’attentat de Magnanville et plusieurs projets d’attaques en France, est visé par un mandat d’arrêt pour « complicité » de l’attentat.