Saint-Malo : Cadeau du Roi-Soleil à un corsaire, un médaillon rare vendu aux enchères

HISTOIRE La vente du bijou, orné de vingt diamants de la Couronne, aura lieu ce week-end au château d’Artigny en Indre-et-Loire

Jérôme Gicquel

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Le médaillon sera vendu aux enchères ce week-end lors d'une grande vente organisée par Philippe et Aymeric Rouillac.
Le médaillon sera vendu aux enchères ce week-end lors d'une grande vente organisée par Philippe et Aymeric Rouillac. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Un médaillon offert par Louis XIV à un corsaire malouin sera vendu aux enchères ce week-end.
  • Représentant le Roi-Soleil de profil, le bijou est orné de 20 diamants de la Couronne.
  • Vaillant combattant, le corsaire Alain Porée l’a reçu en cadeau en 1696 après de nombreux faits d’armes.

Cela fait plus de trois siècles que le trésor est soigneusement conservé par une famille de Saint-Malo. Ce week-end, il sera l’une des pièces maîtresses de la grande vente aux enchères organisée par la famille Rouillac au château d’Artigny (Indre-et-Loire). L’objet de toutes les attentions est un médaillon en or et en argent représentant Louis XIV de profil. Mais ce sont surtout les vingt diamants qui ornent la monture qui attirent l’œil et en font la rareté de la pièce.

Vingt diamants ornent le médaillon à l'effigie de Louis XIV.
Vingt diamants ornent le médaillon à l'effigie de Louis XIV. - J. Gicquel / 20 Minutes

Elle témoigne de la passion dévorante qu’avait le Roi-Soleil pour le clinquant et le brillant. Durant son règne, Louis XIV n’a eu de cesse en effet d’offrir en cadeau des médaillons à son effigie sertis de diamants de la Couronne. « On a recensé 400 boîtes à portrait offertes entre 1660 et 1703 et il n’en reste aujourd’hui que trois avec leurs diamants d’origine, tous les autres ont été volés ou vendus », souligne Philippe Rouillac, le commissaire-priseur qui assurera la vente.

Un corsaire récompensé pour son héroïsme

L’un de ces bijoux se trouve dans la galerie d’Apollon au musée du Louvre, le second au musée de Bologne en Italie. Le troisième a refait surface fin 2019 quand Philippe Rouillac a reçu l’appel d’une famille de Saint-Malo désireuse de se séparer d’un bijou. Et quel bijou ! C’est leur ancêtre Alain Porée qui l’avait reçu des mains du Roi en 1696. Car ce corsaire malouin, pas aussi célèbre que Surcouf ou Duguay-Trouin, s’est battu comme un beau diable à la fin du XVIIe siècle pour défendre la ville et les intérêts du Royaume.

La légende raconte qu’à bord du Saint-Esprit, il a fait main basse sur vingt-sept navires ennemis entre 1693 et 1697. Autant de faits d’armes qui sont vite remontés aux oreilles du Roi-Soleil qui, pour l’honorer, lui a fait cadeau du précieux médaillon. « Louis XIV lui a ainsi exprimé sa profonde reconnaissance », indique Aymeric Rouillac.

Les Anglais veulent le médaillon, Saint-Malo aussi

Plus de trois siècles plus tard, le médaillon s’apprête donc à changer de main ce week-end. « Les Anglais se souviennent bien d’Alain Porée et veulent prendre leur revanche », sourit Philippe Rouillac, histoire de faire grimper les enchères qui débuteront à 50.000 euros, le montant de la mise à prix du bijou.

Mais Saint-Malo entend bien également conserver ce trésor, témoin unique de l’histoire de la ville. La ville vient ainsi de lancer une cagnotte afin que les Malouins et les Malouines l’aident à acquérir le précieux médaillon pour son futur musée d’histoire maritime.