Coronavirus à Toulouse : Mises sur «le banc des accusés», les salles de sport contre-attaquent après leur fermeture

EPIDEMIE Obligés de fermer, les gérants toulousains de ces salles, fédérés au sein d’un collectif, vont attaquer au tribunal administratif

Béatrice Colin

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Illustration d'une salle de sports.
Illustration d'une salle de sports. — SINTESI/SIPA
  • Depuis samedi et l’arrêté préfectoral sur les nouvelles restrictions pour lutter contre la propagation du Covid-19 en Haute-Garonne, les salles de sport sont fermées.
  • Les gérants de plus de 35 salles de l’agglomération toulousaine ont décidé de s’allier dans le collectif « Touche pas à ma salle ».
  • Ils espèrent que les autorités reverront leur arrêté et, en parallèle, comptent déposer un référé-liberté au tribunal administratif contre l’obligation de fermeture.

Ce matin, les Toulousains adeptes de la salle de sport peuvent faire une croix sur leur séance de musculation quotidienne. Vendredi, le préfet de la Haute-Garonne a indiqué que ces établissements seraient fermés pour une durée de quinze jours à compter de samedi dans le cadre des nouvelles mesures déployées pour lutter contre l’épidémie de coronavirus.

Un coup de massue pour les gérants de salles. « Ce qui nous rend fous c’est que nous sommes mis au banc des accusés alors qu’il n’y a eu aucun cluster dans nos salles », relève Hayk Shahinyan, gérant de Magic Form, dans le quartier des Ponts-Jumeaux.

Référé-liberté au tribunal administratif

Ce dernier a fédéré plus de 35 clubs de fitness de l’agglomération toulousaine derrière le collectif «Touche pas à ma salle». Ils entendent ainsi interpeller les autorités pour demander l’annulation de l’obligation de fermeture. Ils ont aussi décidé de contre-attaquer sur le terrain judiciaire et s’apprêtent à déposer ce lundi un référé-liberté devant le tribunal administratif de Toulouse.

« Nous travaillons pour entretenir les gens en bonne santé physique et nous faisons partie des rares commerces qui tracent leurs clients. Nous avons eu un seul cas de Covid, notre adhérent nous l’a signalé, nous lui avons demandé quel cours il avait suivi et nous avons pu remonter et appeler tous ceux qui se trouvaient là au même moment. Ça fait trois mois qu’on s’adapte, on a baissé notre jauge, la fermeture, c’est très disproportionné et injuste », déplore le gérant de salle.

D’autant que toute la profession pensait se refaire une santé en cette rentrée après les mois de confinement, la majorité des abonnements étant renouvelés ou souscrits à cette période. Mais tous craignent que ces nouvelles mesures fassent fuir les clients. « Ils font peur aux gens en disant que les salles sont des lieux de contamination », critique Hayk Shahinyan dont le collectif représente 27.000 adhérents, 240 coachs indépendants et plus de 70 salariés. En attendant les résultats sur le terrain judiciaire, tous espèrent que les autorités reverront leur copie.