Saint-Etienne : Enquête pour « injure et diffamation » envers la présidente de l’Université Jean Monnet

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Alors que se prépare une fusion avec des établissements lyonnais, Michèle Cottier a reçu entre le 10 et le 14 septembre « deux courriers anonymes injurieux et orduriers »

20 Minutes avec AFP

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Le fronton d'un palais de justice. (illustration)
Le fronton d'un palais de justice. (illustration) — SICCOLI PATRICK/SIPA

Les tensions autour du projet de fusion de l’Université stéphanoise Jean Monnet avec trois composantes lyonnaises d’enseignement supérieur prennent une tournure judiciaire. Une enquête a été ouverte pour « injure et diffamation » envers la présidente de l’établissement, a-t-on appris samedi de sources policière et judiciaire.

Un vote sur la fusion le 23 octobre

La présidente Michèle Cottier a déclaré avoir « déposé plainte auprès du procureur de la République après la réception, entre le 10 et le 14 septembre, de deux courriers anonymes injurieux et orduriers à (son) égard et envers (son) équipe ». L’enquête pour « injure et diffamation » vient d’être confiée par le parquet stéphanois à la sûreté départementale de la Loire.

Les lettres anonymes dactylographiées réclament le départ de la présidente et l’abandon du projet de l’Université Lyon-Saint-Etienne, dont les statuts doivent être votés lors du conseil d’administration du 23 octobre. Face à la forte opposition exprimée dans la Loire envers le projet de fusion avec les universités Lyon-I, Lyon-III et l’ENS Lyon, l’Université Jean-Monnet a obtenu du gouvernement un délai d’un mois supplémentaire pour se prononcer.

Un débat filmé

« Un débat aura lieu lundi soir dans le cadre d’une réunion du conseil administration élargi à des personnalités extérieures pour peser les avantages et les inconvénients de la fusion qui nous permettrait de conserver l’Idex », a indiqué Michèle Cottier. La présidente a également annoncé que « compte tenu du climat tendu et d’agressivité provoqué par le projet, le débat entre les "pour" et les "contre" sera filmé et pourra être suivi en direct par les 1.500 membres du personnel de l’UJM et ses 20.000 étudiants ».

Depuis plusieurs mois les autorités politiques, économiques et académiques stéphanoises s’expriment majoritairement en désaccord avec les modalités de gouvernance de la future université de rang mondial, accueillant 140.000 étudiants, qui doit résulter de la fusion des quatre établissements. Parmi les points de blocage, le député LREM de la Loire Jean-Michel Mis cite « outre l’autonomie de la faculté de médecine de Saint-Etienne, le maintien d’une personnalité morale et juridique pour le site universitaire ligérien, qui doit bénéficier d’une minorité de blocage dans la gouvernance du futur ensemble ».