Bordeaux Métropole souhaite un moratoire sur le déploiement de la 5G

TECHNOLOGIE La majorité de gauche du conseil métropolitain, s’inquiète à son tour de l’arrivée de cette nouvelle technologie et soulève de nombreuses interrogations

M.B.
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5G: les enchères pour l'attribution des fréquences débuteront le 29 septembre (illustration)
5G: les enchères pour l'attribution des fréquences débuteront le 29 septembre (illustration) — Wang Jianfeng / Costfoto/Sipa US
  • La majorité du conseil, présidée par le socialiste Alain Anziani, s’interroge sur « la hausse de la consommation de données et d’usage des télécommunications liée à l’arrivée de la 5G. »
  • « Le déploiement de la 5G risque d’accélérer l’exploitation de ressources naturelles non renouvelables » soulignent-ils encore.
  • Enfin, « l’exposition aux ondes est un phénomène encore mal connu dont les conséquences sur notre santé n’ont pas encore été mesurées » préviennent-ils.

Même si elles font sourire le président Emmanuel Macron, les réticences sur le déploiement de la 5G grossissent dans les rangs des élus locaux. Après la tribune dans le JDD de 70 élus de gauche dont le maire de Bordeaux Pierre Hurmic, qui déploraient l’absence d' « étude d’impact climatique et environnemental », c’est au tour de la majorité, elle aussi socialiste et verte, du conseil de Bordeaux Métropole de solliciter  un moratoire sur la 5G.

Présidé par le socialiste Alain Anziani, le conseil souhaite ainsi « interpeller le président de la République et le Premier ministre au sujet du déploiement de la technologie 5G en France, dont les enchères pour l’attribution des fréquences seront lancées le 29 septembre prochain (…) La 5G est conçue pour permettre des débits dix fois supérieurs à la 4G sur les smartphones, avec un déploiement en France qui aboutira à un "effet rebond" par la hausse de la consommation de données et d’usage des télécommunications, synonyme à terme d’une très forte consommation d’énergie par la sollicitation des antennes et des serveurs. » Les élus de la majorité soulignent qu’à l’heure actuelle, « un très faible nombre de téléphones mobiles en circulation et en vente sont compatibles avec la 5G. »

Les élus s’interrogent sur une « hausse du niveau d’exposition de la population aux ondes »

« Le déploiement de la 5G risque d’accélérer l’exploitation de ressources naturelles non renouvelables, poursuivent-ils. Les phénomènes de pollution dus à l’extraction des métaux rares, et la génération de quantité de déchets pas ou peu recyclables. »

Enfin vient la question des ondes, qui fait débat aujourd’hui en France. « Les émissions d’ondes de la 5G s’additionnent à celles des technologies antérieures, 4G, 3G et 2G, ce qui pourrait aboutir à une hausse du niveau d’exposition de la population aux ondes avec potentiellement un effet cocktail, phénomène encore mal connu dont les conséquences sur notre santé n’ont pas encore été mesurées » estiment les élus métropolitains.

Le groupe LaRem n'a pas adopté cette motion. Sur Twitter, le conseiller métropolitain Thomas Cazenave a estimé que « Bordeaux Métropole doit regarder vers l'avenir (...) et faire le choix de l'innovation et des emplois de demain. »