Pourquoi un petit village breton veut absolument changer de nom

HOMONYMIE Le Faouët, dans les Côtes d'Armor, souffre de la confusion avec la commune du même nom, située dans le Morbihan

C.A. avec AFP

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L'église du village du Faouët, dans les Côtes d'Armor. La commune veut changer de nom à cause d'une homonymie.
L'église du village du Faouët, dans les Côtes d'Armor. La commune veut changer de nom à cause d'une homonymie. — Google Maps / Street View

Le plus gros écrase. Le plus petit esquive. En Bretagne, Le Faouët est une commune tranquille des Côtes d'Armor. Mais un Fouët, on en trouve aussi un dans le Morbihan, ce qui agace un peu le maire de ce petit village. Fatigué d’être confondu avec son homonyme du sud, le village de 400 habitants envisage de changer de nom.

Le conseil municipal, réuni le 16 septembre, a décidé de trouver une nouvelle appellation. Quatre propositions ont été retenues : Ar Faoued (le nom breton), Le Faouët-en-Trégor, Le Faouët-sur-Leff ou Le Faouët d’Armor. Une consultation sera lancée à la fin du mois auprès des habitants.

Trois semaines pour un courrier

Fréquemment, des courriers destinés aux habitants de ce village de 400 habitants arrivent par erreur au Faouët (Morbihan) à une centaine de kilomètres au sud. Le temps qu’il retourne au bon destinataire, « un courrier envoyé à cinq kilomètres de chez nous peut mettre trois semaines à arriver », regrette le maire Jacques Tricard.

Les entreprises locales connaissent aussi des déconvenues. Un fabricant de clubs de golf qui importe du matériel des États-Unis est ainsi souvent victime de cette homonymie : « A Houston, on ne se pose pas la question de savoir si La Faouët est en Côtes-d’Armor ou dans le Morbihan », relève l’élu.

Les pompes funèbres se trompent de village

D’autres histoires sont plus déplaisantes. « Il y a une dizaine d’années, un employé de pompes funèbres a transporté un corps dans notre commune, avant de se rendre compte que l’enterrement avait lieu dans le Morbihan », se souvient Jacques Tricard. Le Faouët souffre de la concurrence de sa jumelle du Morbihan, plus peuplée, qui compte 2.800 habitants. « C’est la loi du plus fort, estime le maire. Le référencement des sites fait remonter la commune la plus recherchée ». L’idée d’un changement de nom avait déjà été soumise lors du mandat précédent mais n’avait pas fait unanimité au sein du conseil municipal.

« Le temps de traiter les résultats de la consultation, on pourrait voter le nouveau nom d’ici deux mois », estime le maire. La nouvelle dénomination doit ensuite recevoir l’aval du conseil départemental, des directions départementales des archives et de La Poste, du préfet, puis du ministère de l’Intérieur. « La procédure peut prendre un an », précise Jacques Tricard. Ce ne serait pas la première collectivité locale bretonne à changer ainsi de nom : Dol est devenue Dol-de-Bretagne en 1924, évitant toute confusion avec Dole (Jura). Et le département des Cotes du Nord a été transformé en Côtes d’Armor en 1990.