Coronavirus à Toulouse : Comment les fêtards s’organisent après « le coup des bars »

LE SENS DE LA FETE L’apéro-résistance, raisonnable ou pas, s’organise à Toulouse après l’annonce d’une fermeture prématurée des bars. On vous explique comment les fêtards comptent trinquer ailleurs ou en horaires décalés

Hélène Ménal

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Un after à la bière dans un bar de Toulouse. Illustration.
Un after à la bière dans un bar de Toulouse. Illustration. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES
  • Dès lundi, les bars de Toulouse vont fermer plus tôt comme toutes les métropoles placées en « zone d’alerte renforcée » pour freiner le Covid-19.
  • Les festayres balancent entre résignation et stratégies d’évitement.
  • Beaucoup songent tout simplement à commencer l’apéro plus tôt.
  • Et les nouvelles restrictions soulèvent de nombreuses questions sans réponse.

22 h ou plus tôt, le suspense règne à Toulouse sur l’heure à laquelle il faudra arrêter de lever les coudes dans les bars pour se les cogner en guise d’au revoir. L’heure précise de l’arrêt des hostilités doit être dévoilée ce vendredi par le préfet et la mesure, « le coup des bars » pour les plus hostiles, entrera en vigueur dès le lundi 28 septembre dans le cadre des nouvelles restrictions imposées dans les « zones d'alerte renforcée » pour lutter contre le coronavirus.

Et pour Gilles, trentenaire habitué de nuits toulousaines, c’est la double peine : il a appris la nouvelle jeudi soir dans sa salle de sport, où il ne pourra plus aller non plus. « Je me suis dit, ça recommence. Il faut que je me remette à faire la cuisine chez moi », raconte celui qui n’a pas vraiment pas l’habitude de manger seul le soir. Et puis les notifications rigolardes ont commencé à pleuvoir. « On a qu’à faire l’apéro à midi ! », ont suggéré les amis. L’un d’eux a même calculé que, pour pas perdre au change et garder l’endurance des soirées d’antan, il fallait commencer à faire la fiesta « à 13 h 30 ». Ce qui ne devrait pas être trop compliqué puisque certains bars ont déjà décrété « l’apéro-résistance » et signalé sur les réseaux sociaux qu’ils serviraient désormais « non-stop, de midi à 22 heures ».

« On va tous vomir partout après »

De l’eau au moulin de ceux qui ont la dent dure et dénoncent une fausse bonne idée. En version trash pour John convaincu qu’il « va falloir boire plus et plus vite » et qu’on « va tous vomir partout après ». En version pragmatique pour Fred. « C’est n’importe quoi, estime-t-il, il suffit de réfléchir pour savoir que le fait de réduire la plage horaire va concentrer plus de population sur un temps plus restreint ».

D’autres internautes de 20 Minutes paraissent plus résignés et prêts à faire des concessions. Sarah pense que « l’idéal est de retourner aux soirées à domicile sans restrictions d’horaire, limitées à dix personnes bien entendu ! » et sent venir un retour en force de la « formule restau/ciné ». Si Etienne compte se rabattre sur « des soirées raclettes », Sophie a le blues dans cette spirale de la lose. « Avec des copains plutôt stressés, les soirées privées, c’est compliqué, et rencontrer de nouvelles personnes dans ces conditions n’est pas chose aisée », confie cette maman célibataire de 34 ans.

Des replis, stratégiques ou pas, et des questions sans réponse

Gilles et ses amis songent aussi à se replier sur des soirées à domicile, « chez les uns ou les autres ». Sans être vraiment certains que s’entasser dans des appartements les soirs frisquets d’automne soit vraiment moins risqué. « J’ai vu de tout mais dans les bars qui tournent vraiment bien, les vigiles font vraiment respecter les mesures barrières et les distanciations », souligne le jeune homme.

Beaucoup de Toulousains en sont enfin à se faire des « nœuds au cerveau ». Laurent va vérifier ce jeudi soir sur place si son resto branché préféré sera bien épargné par la restriction d’horaires, même s’il dispose d’un bar où s’accouder. Dans l’autre sens, quid des bars qui servent des tapas pour se restaurer ? Une amie de Gilles va peut-être finalement fêter son anniversaire un samedi à midi. Mais pourra-t-elle réserver deux tables de dix ? L’intervention du préfet ce vendredi est très attendue.