Huit poissons sur dix ne sont pas issus de la pêche durable, alerte l’UFC-Que Choisir

DANS LES FILETS L’association UFC-Que Choisir a enquêté sur des poissons achetés en supermarché mais aussi en poissonnerie

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration d'un étal de poissonnerie.
Image d'illustration d'un étal de poissonnerie. — ALLILI MOURAD/SIPA

Pêche au chalut, période de reproduction, espèces menacées… Selon l’association UFC-Que Choisir, plus de huit poissons sur dix vendus dans la grande distribution ou des poissonneries de quartier ne sont pas issus de la pêche durable.

L’association de consommateurs s’est intéressée à plus d’un millier de poissonneries de grandes surfaces et 139 poissonneries de quartier. Elle s’est concentrée sur huit espèces menacées par la surpêche : baudroie, hareng, langoustine, lieu noir, maquereau, merlu, sardine et turbot. Le constat est, selon elle, sans appel : ses relevés montrent que les « deux tiers des poissons sont capturés dans des stocks déjà surexploités », essentiellement au chalut (74 %).

Le turbot, la baudroie et le lieu noir en particulier

Or le chalut retient des espèces non ciblées, détériore les fonds marins pour les chaluts de fond, explique l’association, pour qui « en l’état actuel des choses, cette méthode est donc à bannir ». « En croisant les méthodes de pêche avec les zones de capture, on calcule qu’au global 81 % des poissons examinés sont pêchés de manière non-durable. Le turbot, la baudroie et le lieu noir affichent les plus mauvais résultats avec respectivement 99 %, 98 % et 93 % de poissons non-durables », détaille-t-elle.

Au rayon surgelé, la situation est « encore plus catastrophique », 95 % des poissons examinés n’étant pas issus de la pêche durable, selon l’UFC-Que choisir. Plus de la moitié des lieux de vente étudiés (55 %) proposaient par ailleurs au moins une des quatre espèces qui se trouvaient au moment de l’étude en période de reproduction, « participant ainsi à la fragilisation de ces stocks ».

Des mentions obligatoires… incompréhensibles

Les méthodes de pêche sont absentes sur un quart des poissons et la zone de pêche n’est pas mentionnée « dans plus d’un cas sur dix. Et quand elle est indiquée, elle est trop souvent indéchiffrable par un consommateur non expert, car exprimée par un code ». Ces mentions sont pourtant obligatoires depuis 2014. L’association demande donc aux pouvoirs publics notamment de « créer un indicateur simplifié intégrant les trois dimensions de la durabilité : zone de capture, méthodes de pêche et saisonnalité ».

Pour le comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), au contraire, « la durabilité de la pêche française se confirme depuis plusieurs années avec reconstitution des stocks comme souligné par la commission européenne elle-même et des stocks de plus en plus nombreux au RMD », le rendement maximal durable, soit la quantité de poissons qu’il est possible de pêcher sans affecter la capacité de la population à se reproduire.