Vendée : Après l’accident mortel, peut-on mieux sécuriser le passage du Gois ?

SECURITE Sur cette route de Vendée, automobilistes et promeneurs se font régulièrement surprendre par la marée

J.U.
Le passage du Gois, en Vendée
Le passage du Gois, en Vendée — F. Perry/ AFP
  • Une femme est morte noyée lundi soir après s’être fait piéger par la marée, sur le passage du Gois.
  • Le conseil départemental estime « complexe » la possibilité de poser des barrières pour fermer l’accès à marée haute.

C’est une route emblématique de la Vendée, le trait d’union entre l’île de Noirmoutier et le continent. Le passage du Gois, cette voie submersible d’environ 4 km est aussi le théâtre d’incidents à l’issue parfois tragique. Lundi soir, une automobiliste de 66 ans y est morte noyée après que sa voiture a été piégée par la marée montante. Régulièrement, des promeneurs ou pêcheurs à pied sont obligés de se réfugier en haut de l’une des neuf balises, en attendant d’être pris en charge par les secours.

Au lendemain de l’accident, les questions sur l’accès et la sécurisation se posent. « Des préoccupations permanentes », précise Patrice Anglade, directeur des routes au conseil départemental de Vendée. En théorie, il est recommandé aux usagers ne s’engager sur le passage uniquement entre 1h30 avant et après la marée basse. C’est ce qu’indique de chaque côté la signalétique en place (en français, anglais et allemand), complétée plus récemment par des panneaux lumineux et clignotants avec les horaires.

Le message « Stop, marée montante » apparaît quand c’est nécessaire. « Il n’empêche que l’on peut y accéder si l’on veut, raconte un touriste. La dernière fois, on s’est approchés, l’eau commençait à recouvrir la route donc on a évidemment fait demi-tour. Mais l’installation de barrières serait peut-être appropriée, comme pour les passages à niveau. »

« Fermer, c’est compliqué »

Une « fausse bonne idée » pour le conseil départemental, qui met en avant la diversité des usages. « Il y a ceux qui traversent pour cinq minutes en voiture, d’autres qui se promènent et qui s’arrêtent pêcher plusieurs heures, détaille Patrice Anglade. Il y a aussi les ostréiculteurs qui ressortent après les autres… Donc fermer, c’est compliqué. Les horaires peuvent aussi dépendre de la météo ou du coefficient de marée. Il faut enfin que les gens ne contournent pas les barrières ! »

Une réflexion doit être lancée pour l’avenir et la revalorisation du passage du Gois, après son classement en « site d’intérêt national et patrimonial » il y a trois ans. La sécurité devrait faire partie des discussions, mais les pistes étudiées devraient davantage avoir pour but d’améliorer encore l’information que de restreindre les accès. En attendant, le conseil départemental en appelle au bon sens des usagers pour qu’ils évitent au maximum de se mettre en danger.