Coronavirus à Toulouse : Le maire Jean-Luc Moudenc lance « un appel solennel à la responsabilité des Toulousains »

INTERVIEW Maire de Toulouse et président de la métropole, Jean-Luc Moudenc (LR) a réagi ce mardi aux nouvelles mesures préfectorales prises la veille, pour lutter contre le Covid-19

Propos recueillis par Nicolas Stival

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Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, le 9 mai 2020.
Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, le 9 mai 2020. — Lionel Bonaventure / AFP
  • Jean-Luc Moudenc était présent ce mardi matin à l’inauguration du Meett, le nouveau Parc des Expositions de l’agglomération toulousaine.
  • Le maire de Toulouse et président de la métropole a regretté l’annulation de la Foire internationale qui devait commencer samedi, décidée après l’annonce lundi de nouvelles mesures sanitaires du préfet de la Haute-Garonne.
  • L’élu estime que les décisions politiques ne serviront à rien sans une prise de conscience des citoyennes et citoyens.

Ce mardi matin aurait dû être extrêmement animé au Meett, le tout nouveau Parc des Expositions de l’agglomération toulousaine, situé à Beauzelle. Quatre jours avant le début de la foire internationale, journalistes et politiques invités pour la visite de presse s’attendaient à slalomer entre les exposants en pleine installation de stands. En fait, l’endroit était presque vide, car l’événement qui devait lancer en grandes pompes la nouvelle structure géante a été annulé lundi.

Une conséquence immédiate des annonces du préfet de la Haute-Garonne pour muscler la lutte contre le Covid-19, sur lesquelles est revenu Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de la métropole.

Ces nouvelles mesures préfectorales, est-ce un coup dur pour la ville ?

Je regrette beaucoup qu’à quelques jours à peine du début de la Foire, celle-ci ait été annulée. Je comprends que lorsqu’une telle manifestation est ramenée à 1.000 personnes, il n’y a plus d’équilibre économique et qu’elle se trouve donc compromise.

On aurait pu s’accommoder du maintien d’une jauge à 5.000, en raison du caractère exceptionnellement vaste du Meett. L’application d’une règle uniforme dans le bâtiment le plus vaste de la métropole, considéré comme un bâtiment plus petit, je trouve que ça pose question. Mais si le maire a un avis là-dessus, il n’a pas le pouvoir, qui est entre les mains de l’autorité préfectorale.

Comment réagissez-vous à l’obligation pour les bars et restaurants de fermer à 1 h du matin ?

C’est un moindre mal car cela permet aux établissements de faire un deuxième service. Mais il faut relativiser tout ça. Qu’on ferme des bars et restaurants à 23 h, minuit, 1 h, 2 h ou 3 h, tout ça ne produira pas beaucoup d’effets si chacune et chacun des citoyens ne rétablit pas une autodiscipline et un respect des gestes barrières. On a beau prendre toutes les mesures, les pouvoirs publics ont beau encadrer, limiter, interdire, obliger… Tout cela n’a aucune efficacité forte si chacune et chacun ne change pas et ne revient pas aux attitudes de prudence qui ont été celles des Toulousains juste après le 11 mai [date du début du déconfinement].

Redoutez-vous des mesures plus sévères si l’épidémie s’aggrave ?

Je redoute la poursuite de la courbe dans le mauvais sens. Le 19 août, lorsque le préfet a décidé le port obligatoire du masque [à Toulouse], on espérait qu’au bout de quelques semaines, les gens rétabliraient les gestes barrières et que les chiffres s’amélioreraient. Malheureusement, un mois après, on a fait le constat que les chiffres se sont fortement dégradés. Encore une fois, la clé, ce n’est pas le préfet ou le maire, c’est le comportement de chacun. Je lance un appel solennel à la responsabilité individuelle et collective des Toulousains.