Haute-Garonne : Faux allocataires, vrais escrocs... Trois fois plus de fraudes aux allocations familiales détectées en 8 ans

FRAUDE L’an dernier, les différents contrôles de la Caisse d’allocations familiales de la Haute-Garonne ont permis de détecter 7,5 millions d’euros de fraudes commis par 1.127 allocataires

Béatrice Colin
La caisse d'allocations de la Haute-Garonne (Illustration).
La caisse d'allocations de la Haute-Garonne (Illustration). — CNAF
  • En 2019, la caisse d’allocations familiales de la Haute-Garonne a réalisé 793.062 contrôles.
  • Elle a détecté 21 millions d’euros d’indus mais aussi 7,5 millions d’euros de fraudes.
  • Avec 1.127 cas frauduleux l’an dernier, le chiffre des cas détectés dans le département a été multiplié par trois depuis 2012.

Ils avaient trouvé un filon pour toucher des allocations adultes handicapés sans avoir le moindre souci de santé. Ou plutôt une pathologie lourde de naissance qui leur permettait de créer un dossier auprès des maisons départementales des personnes handicapées du sud de la France en passant presque inaperçus. Mais ces fraudeurs en bande organisé ont fini par être démasqués par les caisses d'allocations familiales et l’instigateur de l’escroquerie, arrêté par la police aux frontières de Toulouse, dort aujourd’hui en prison.

C’est l’un des dossiers pour lesquels la CAF de Haute-Garonne s’est tournée vers les tribunaux. Sur les 1.127 cas avérés détectés l’an dernier, 5 % ont fait l’objet d’une poursuite pénale. « Nous avons aussi eu le cas d’un homme qui a écopé de quatre mois de prison ferme. Il avait indiqué qu’il n’était pas en situation de vie maritale, ce qui était faux. Il avait ainsi perçu au cours des trois dernières années pour plus de 17.300 euros d’allocations que ce soit au titre de l’aide au logement ou du RSA », explique Christine Viero, responsable du service de lutte contre la fraude à la Caisse de Haute-Garonne.

L’an dernier, pas moins de 7,5 millions d’euros de fraudes ont ainsi été détectés réalisées par 0,3 % des allocataires. Si dans 22 % des cas, elles font l’objet d’un avertissement, dans 73 % elles se traduisent par des sanctions financières auprès des resquilleurs.


Un nombre de fraudes qui a été multiplié par trois depuis 2012. « Ce n’est pas parce qu’il y en a plus mais parce que nous avons amélioré nos outils pour les détecter, notamment grâce au datamaning qui s’enrichit d’années en années et permet de croiser les données et cibler des sources d’erreurs », explique Jean-Charles Piteau, le directeur de la caisse.

Des erreurs et des droits

Mais si quelques-uns cherchent à escroquer volontairement la CAF, la plupart du temps il s’agit d’erreurs, notamment dans les déclarations de changement de situation. Lors des 793.062 contrôles de situation réalisés par ses équipes, 21 millions ont été découverts, soit 1,1 % du total des prestations versées, et 90 % sont recouvrées par l’organisme. Les 4.261 contrôles réalisés au domicile des allocataires ont permis de déceler 8,3 millions de ces sommes perçues à tort, en hausse de 48,8 % comparé à 2018.

Mais l’arrivée d’un des 16 contrôleurs de la CAF chez les allocataires peut aussi être positive lorsqu’ils sont de bonne foi. Ainsi, dans 47 % des cas, ils ont permis l’obtention de prestations supplémentaires que les bénéficiaires n’avaient pas sollicitées ou ne connaissaient pas.