Coronavirus à Rennes : La justice confirme l’arrêté de fermeture des bars à 23 h

JUSTICE Les patrons de bars contestaient l’arrêté préfectoral devant le tribunal administratif

J.G. avec AFP

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Illustration de la rue Saint-Michel, ou rue de la Soif, haut lieu de la fête à Rennes.
Illustration de la rue Saint-Michel, ou rue de la Soif, haut lieu de la fête à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • La justice a confirmé l’arrêté de fermeture des bars à 23 h à Rennes.
  • Les patrons de débits de boissons contestaient cet arrêté préfectoral devant le tribunal administratif, estimant qu’il portait « atteinte à la liberté d’entreprendre ».
  • Au vu de la situation dans la capitale bretonne, la juge a retenu l’état sanitaire de la mesure.

Les bars rennais vont encore devoir baisser le rideau à 23 h au moins jusqu’au 30 septembre. Le tribunal administratif a débouté lundi les patrons des débits de boissons qui contestaient l’arrêté préfectoral en vigueur depuis le 16 septembre en raison de l’accélération de la circulation du Covid-19. « L’arrêté est confirmé, a indiqué Anne Vimont-Gabaury, l’une des avocates de l’Union des métiers de l’industrie de l’hôtellerie d’Ille-et-Vilaine. La juge a retenu l’état sanitaire, le fait que c’était les jeunes qui étaient le plus touchés. »

L’Umih35, représentant les gérants de bars, avait utilisé un référé liberté, une procédure d’urgence, pour obtenir l’annulation d’une mesure qui, selon eux, « porte atteinte à la liberté d’entreprendre ». Me Anne Vimont-Gaboury et Me Rachel Corillon, leurs avocates, ont dénoncé une mesure « strictement disproportionnée », qui s’appuie sur « des événements marginaux ».

« La réponse la plus ciblée » pour les jeunes

L’arrêté fait notamment référence à un attroupement de près de 3.000 personnes dans l’hypercentre de Rennes dans la nuit du 10 au 11 septembre et à une soirée d’étudiants en médecine à l'origine d'un important cluster. Les bars ont dans leur grande majorité respecté le protocole sanitaire, a pourtant rappelé l’Umih35, précisant que seuls cinq établissements avaient été mis en demeure. « Les clients ne vont pas rentrer chez eux après 23 h, ils iront les uns chez les autres et créeront de nouveaux clusters », ont argumenté les avocates, qui dénoncent une mesure « contre-productive ».

La préfecture d’Ille-et-Vilaine, par la voix du sous-préfet Ludovic Guillaume, a pour sa part défendu un arrêté « nécessaire au regard de la situation sanitaire à Rennes », où le taux d’incidence est maintenant de 142 cas pour 100.000 habitants. La propagation du virus s’accélérant particulièrement chez les jeunes, « c’est la réponse la plus ciblée possible par rapport à cette tranche d’âge pour faire cesser des comportements à risque », a estimé Ludovic Guillaume.