Projet de loi sur les « séparatismes » : Face à l’islamisme, Manuel Valls demande de ne pas être « naïfs »

CONSEILS Pour l’ancien Premier ministre, même s’il faut lutter contre tous les séparatismes, « le vrai sujet, c’est la bataille contre l’islamisme, l’islam politique, les Frères musulmans et les salafistes »

20 Minutes avec AFP

— 

Manuel Valls (au centre) lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, organisée par le Medef les 26 et 27 août 2020 à l'Hippodrome de Longchamp.
Manuel Valls (au centre) lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, organisée par le Medef les 26 et 27 août 2020 à l'Hippodrome de Longchamp. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Depuis Barcelone, Manuel Valls a toujours un œil sur la politique française. Et c’est une nouvelle fois sur un sujet lié à la sécurité et aux religions qu’il a choisi de s’exprimer. L’ancien Premier ministre socialiste salue, dans une interview au Journal du Dimanche, le futur projet de loi contre les « séparatismes », mettant en garde au passage contre une forme de naïveté face à l’islamisme.

La « crainte de stigmatiser »

« Il faut évidemment lutter contre tous les séparatismes, à condition de bien les nommer, mais ne soyons pas naïfs  : le vrai sujet, c’est la bataille contre l’islamisme, l’islam politique, les Frères musulmans et les salafistes. Il faut reprendre en main les territoires perdus de la République », explique Manuel Valls. « Il y a toujours cette crainte de stigmatiser, entre guillemets, une partie de la population française. Mais il y a aussi, souvent, de la naïveté face à la progression de l’islam politique, face aux dérives du communautarisme, face à l’aveuglement de l’Éducation nationale », assure celui qui appelle à « aider les musulmans de France, car la bataille est aussi celle de l’islam contre l’islamisme ».

Manuel Valls juge le président Emmanuel Macron « aujourd’hui loin de ce discours libéral libertaire, une forme de culture du déni et de la recherche d’excuses (…) Les marcheurs ont cru que, par leur seule élection, la société française s’apaiserait. Le retour à la réalité a été brutal et cruel ». Selon une information du JDD, le chef de l’Etat fera le 2 octobre son discours sur les séparatismes.

Remobiliser le « camp républicain et laïque »

Pour l’ex-chef de gouvernement de François Hollande, « quand il est question de défendre la République et la laïcité, les notions de droite et de gauche ne veulent pas dire grand-chose ». Selon lui, la « première urgence » est la « remobilisation du camp républicain et laïque », car « les grandes associations d’éducation populaire, notamment à gauche, ont failli  : la Ligue de l’enseignement, la Ligue des droits de l’homme… Seule la Licra a sauvé l’honneur. Il faut remobiliser la société à travers les partis, les syndicats, les associations, les think tanks, autour de la République et de la laïcité ».