Christine Lagarde loue le travail des femmes dirigeantes et déplore leur sous-effectif

EGALITE La première femme à la tête de la Banque centrale européenne estime que le processus n’en est qu’à ses débuts

20 Minutes avec AFP

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Christine Lagarde de la BCE
Christine Lagarde de la BCE — Michael Probst/AP/SIPA

Dans un entretien au magazine français Challenges, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, s’est désolée du manque de femmes à des postes à responsabilité, y compris au sein de son institution. « Il y a encore trop peu de femmes à des postes à responsabilités dans le monde, notamment dans les domaines économique et financier, y compris dans les banques centrales », a déclaré la première femme à la tête de la BCE, dont elle a pris les rênes en novembre 2019.

« Sur les 25 membres du conseil des gouverneurs de la BCE, Isabel Schnabel, membre du directoire, et moi sommes les deux seules femmes sur la photo de famille… Ce n’est pas normal ! », a dénoncé Christine Lagarde.

La réaction d’Isabel Schnabel n’a pas attendu. Ce vendredi, l’Allemande a tweeté : « Il est difficile de surestimer l’importance de dirigeants comme Christine Lagarde qui s’expriment ouvertement sur ces questions, malgré tous les commentaires misogynes épouvantables qui ne manqueront pas de suivre ».

La crise sanitaire a aggravé le problème ?

Selon Christine Lagarde, « une certaine prise de conscience est là », mais il ne s’agit cependant que « du début du processus ». Elle pense que la crise du coronavirus a « rendu la situation des femmes plus difficile ». « Les femmes composent près de 70 % des professions de santé, elles sont plus à risque sur le plan sanitaire. Avec le confinement, elles se retrouvent sur tous les fronts, obligées de travailler tout en gardant les enfants, sans parler des violences intrafamiliales », a-t-elle souligné, estimant que « comme dans toutes les crises économiques, elles sont plus exposées au risque de perdre leur emploi ou de voir leur salaire baisser ».

Au mois de juillet, la responsable avait fait l’éloge des femmes dirigeantes dans la gestion du Covid-19. Elle avait déclaré : « J’ai appris que les femmes ont tendance à faire un meilleur travail », mettant en avant la chancelière allemande Angela Merkel, la présidente de Taïwan Tsai Ing-wen, la Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern et celle de Belgique, Sophie Wilmès.