SNCF : Il faudra « environ deux ans » pour retrouver le trafic d’avant-crise

TRANSPORTS Si les vacances se sont bien passées en termes de fréquentation, une partie de la clientèle d’affaires manque à l’appel à la rentrée

20 Minutes avec AFP

— 

Un train en gare de Lyon à Paris, le 17 juillet 2020.
Un train en gare de Lyon à Paris, le 17 juillet 2020. — Lionel Urman/Sipa USA/SIPA

C’est la rentrée, la SNCF fait déjà le bilan : la compagnie ferroviaire mettra « environ deux ans » à retrouver son niveau de trafic d’avant l’épidémie de coronavirus, a déclaré son patron Jean-Pierre Farandou. Dans un entretien publié jeudi dans le journal Les Echos, le PDG du groupe a promis des transformations, notamment sur les tarifs, qui restent illisibles pour la plupart des voyageurs.

« Les courbes (de trafic) repartent vers le haut, mais à vitesse lente », affirme le patron de la SNCF pour qui « il reste des traces de la crise du Covid-19 ». « L’été s’est bien passé, mieux que ce que nous avions prévu au départ mais nous sommes un peu plus inquiets pour la clientèle affaires, qui représente en temps normal 15 % de nos clients et 30 % de notre trafic TGV Inoui mais davantage en termes de contribution », détaille-t-il au quotidien économique.

Des tarifs inspirés du modèle aérien

« Il nous manque des générateurs de trafic comme les grands salons professionnels, et le télétravail nous prive d’environ 10 à 15 % de la clientèle affaires », poursuit-il, déplorant également un recul de « 30 à 40 % par rapport à la normale » du trafic TER (transport express régional).

Interrogé sur la politique tarifaire du groupe ferroviaire, Jean-Pierre Farandou a admis un problème concernant le TGV perçu comme un moyen de transport « cher ». « Cet été, nous avons vendu quatre millions de billets à petits prix. Mais une partie de notre clientèle qui achète ses billets au dernier moment les jours de grands départs n’a pas accès à nos meilleurs tarifs. Nous devons réfléchir à une évolution de notre politique tarifaire, plus simple », a-t-il avancé.

« Dans les années 1990, avec l’essor du TGV, nous avons mis fin à la tarification kilométrique, pour nous inspirer du modèle aérien en faisant évoluer nos prix en fonction d’algorithmes qui étudient l’offre et la demande. Aujourd’hui, nous devons imaginer un nouveau mode de tarification, plus lisible », a-t-il ajouté. Ce chantier prendra « six mois à un an », a précisé le numéro un de la SNCF qui souhaiterait faire du groupe « une des entreprises les plus aimées, des Français comme des cheminots ».