Coronavirus : Les appartathons, des soirées à risque en temps de Covid

VIE ETUDIANTE Des cas de Covid ont été recensés parmi les étudiants lillois, et des soirées « appartathons » ont été évoquées

Hugo Van Acker

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Une soirée étudiante (illustration)
Une soirée étudiante (illustration) — DURAND FLORENCE/SIPA
  • Les « appartathons » sont des soirées durant lesquels des équipes d’étudiants passent d’un appartement à l’autre.
  • Une formule qui passe mal en temps de Covid, à cause des risques de propagation du virus.

Fini les week-ends d’intégration et les soirées étudiantes dans le supérieur à cause du Covid-19. Mais sauf exception (A Nice, Bordeaux ou encore Marseille, où le nombre de personnes pouvant se rassembler en extérieur est limité), les étudiants sont à peu près libres de se voir en dehors.

A Sciences Po Lille, des cas de Covid ont été détectés parmi les étudiants, et des soirées « appartathons » en seraient à l’origine. Apparthaton ? Une sorte de course d’orientation entre étudiants, ou plus exactement une soirée durant laquelle le but est de passer d’un appartement à un autre (ils ont été sélectionnés au préalable par les organisateurs) le plus vite possible, et sans se tromper. Un style de fête qui a bien du mal à passer en période de Covid.

Les « meilleures soirées de l’année »

Les appartathons ne datent pas d’hier et ont été créés avant le coronavirus, gagnant en popularité au fil du temps parmi les étudiants. « J’ai fait pas mal d’appartathons avant le Covid-19 », avance ainsi Océana, en licence professionnel de Gestion des organisations de l’économie sociale et solidaire à l’IUT de Châteauroux. Mélanie, étudiante en formation hôtesse de l’air et steward, est quant à elle conquise : « Les appartathons sont les meilleures soirées de l’année ». Et Océana de rajouter : « C’est devenu le meilleur moyen d’intégration. On le fait régulièrement en début d’année pour les nouveaux, ça nous permet de plus nous connaître ».

Vraiment une bonne idée à l’heure actuelle ? « Il faut se poser la question d’interdire ces soirées s’ils ne comprennent pas le danger, tranche une médecin installée en région parisienne. Il y a un gros risque en faisant ce genre de soirées, car en ce moment, les 20 – 30 ans sont les plus touchés par le coronavirus. Il faut leur faire comprendre que c’est grave pour leur entourage et pour les personnes les plus fragiles, car ce sont eux qui en meurent ». Des propos approuvés par Alexia, en BTS MCO : « Les étudiants participant à un appartathon en pleine crise sanitaire sont irresponsables. Ils mettent en danger beaucoup de monde ». Mais pour Bérangère Poncet, présidente de l’association générale des étudiants de Paris, les choses ne sont pas si simples : « il ne faut pas remettre la faute sur les étudiants, tout les appartathons ne se résume pas à des cas positifs. »

Adieu la vie étudiante ?

« Ce semestre, nous n’organisons malheureusement pas d’appartathon du fait des conditions sanitaires », assure pour sa part Jeanne Dellon, présidente de l’association Erasmus & Internationals in Caen. Certains craignent donc que les à-côtés des études supérieures soient mis entre parenthèses trop longtemps. « Si on continue tous comme ça, toutes les soirées étudiantes vont vite être interdites et on dira adieu à notre vie étudiante », déplore Mélanie.

Bérangère Poncet assure pourtant que « les soirées en appartathons se font depuis un certain temps et continueront de se faire après le Covid-19 ». Avant d’appeler à la prudence : « Il faut être responsable et conscient du risque. Si j’ai eu un cas contact, alors je me confine le temps qu’il faut ».