Coronavirus à Montpellier : Les soirées étudiantes pointées du doigt dans la propagation du virus à l'université

UNIVERSITES Une soixantaine de cas ont été détectés après l'organisation d'un événement étudiant

Nicolas Bonzom

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Une soirée étudiante (illustration)
Une soirée étudiante (illustration) — DURAND FLORENCE/SIPA
  • A la faculté de médecine de Montpellier, il y a une soixantaine de cas de coronavirus.
  • Une soirée étudiante serait en cause dans la propagation du Covid-19.
  • Mais pour le Syndicat de combat universitaire, on ne peut pas empêcher les étudiants de sortir le soir, alors qu'ils sont « tous collés les uns aux autres » dans les salles de cours.

A Montpellier (Hérault), la faculté de médecine est touchée de plein fouet par le Covid-19. L’établissement a suspendu mardi une partie de ses cours, après qu’une soixantaine d’étudiants, en deuxième et en troisième année, ont été testés positifs au coronavirus. Ils devront observer une période de quarantaine de 15 jours, indique l’université de Montpellier, ce mercredi.

Ces cas seraient liés « à des événements festifs privés qui se seraient déroulés en dehors des sites universitaires au début du mois de septembre, ce qui est déplorable », note l’établissement montpelliérain, qui rappelle que l’organisation de soirées avait été interdite dans les enceintes universitaires. « Les associations avaient été prévenues qu’il fallait annuler les soirées étudiantes, la majorité avait été annulée, confie à 20 Minutes Alexis, étudiant en 6e année de médecine et vice-président étudiant de l’université. Mais les étudiants peuvent très bien, de leurs propres initiatives, se réunir chez eux, ou dans des bars, dont certains ne jouent pas malheureusement forcément le jeu. »

« Il y a deux poids, deux mesures »

Le ministère de l’Enseignement supérieur, lui aussi, a mis en cause les rassemblements d’étudiants dans le boom des cas de Covid-19, ces derniers jours : « Les dernières données confirment que la multiplication de nouvelles contaminations est majoritairement liée à des rassemblements privés (soirée étudiante, privatisation de bars…) associés à un relâchement des consignes sanitaires notamment des gestes barrières ».

Mais les soirées entre étudiants sont-elles seules responsables de la propagation du virus sur les campus de la ville ? Non, assure le Syndicat de combat universitaire (Scum). « Nous pensons qu’il n’y a pas de responsabilité individuelle sans responsabilité collective, indique le Scum, à 20 Minutes. Quand l’institution donne le mauvais exemple, vous ne pouvez pas demander aux étudiants d’adopter des comportements responsables. En forçant la rentrée en présentiel, vous blindez les salles de cours, les amphithéâtres, les couloirs, les toilettes, et, bien sûr, les transports en commun. On est tous collé les uns aux autres la journée, et le soir, on n’aurait pas le droit de sortir, sous prétexte que l’on serait trop serré ? Il y a deux poids, deux mesures, non ? »

Et, selon le syndicat montpelliérain, interdire les soirées ne serait pas, par ailleurs, forcément la bonne solution. « Bien sûr, il y a un problème avec les soirées étudiantes, mais il y a aussi un problème avec leur interdiction par les universités, reprend le Scum. En les interdisant, elles auront lieu, malgré tout, mais dans des lieux parfois bien plus reculés, où les règles sanitaires sont encore moins respectées. »