Coronavirus en Occitanie : En plein boom des tests Covid-19, le coup de blues des salariés de laboratoire

SOCIAL Des salariés d’un groupement de laboratoires de biologie se sont mis en grève ce mardi pour demander de meilleures conditions salariales

Béatrice Colin

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Tests de dépistage du coronavirus (illustration).
Tests de dépistage du coronavirus (illustration). — Mathieu Pattier/SIPA
  • En Occitanie, plus de 25.000 tests PCR sont réalisés chaque semaine.
  • Les laboratoires privés et publics et leurs salariés sont sous tension.
  • Les salariés du privé demandent des revalorisations de salaires en cette période de grande activité.

Ils sont fatigués, et pour certains dégoûtés face au manque de reconnaissance de leur travail. Alors qu’en Occitanie plus de 25.000 tests PCR sont réalisés chaque jour dans les laboratoires publics et privés, certains de leurs employés ont décidé de pousser un coup de gueule en pleine crise du coronavirus.

Les salariés du groupement de labos Biofusion, qui emploient près de 200 personnes sur une vingtaine de sites dans les départements de la Haute-Garonne, du Tarn-et-Garonne et du Lot, ont décidé de se mettre en grève ce mardi et de manifester à Montauban.

« Ils sont rincés, épuisés par leurs conditions de travail. Pendant le confinement, ils se sont retrouvés pour certains en chômage partiel et là, ils doivent rattraper le retard des analyses en plus des tests Covid. La direction a mis en place une prime de 250 euros, mais uniquement pour ceux qui se trouvaient sur site pendant le confinement », déplore Pierre Louis Canavelli, secrétaire général CFDT santé sociaux, qui appelait à la grève aux côtés de FO et de la CGT.

Différences public/privé

Eux réclament une prime Covid de 1.000 euros, comme cela a été le cas pour leurs homologues du public. Ainsi qu’une prime Macron et une revalorisation de tous les salaires à hauteur de 10 %. Un sentiment partagé par de nombreux autres techniciens de laboratoires du privé. « Nous sommes confrontés depuis des mois à une augmentation énorme de notre charge de travail tout en continuant notre travail de routine. Nous subissons l’énervement et l’agressivité de beaucoup de patients qui pensent qu’il suffit de faire simplement le prélèvement et de claquer des doigts pour avoir le résultat », raconte à 20 Minutes l’une d’entre elle.

Mais, comme pour les salariés de Biofusion, ce qui la dérange, c’est « la différence de salaire inadmissible entre le secteur public et privé ». « Toutes les annonces du gouvernement pour soutenir et montrer sa reconnaissance pour l’effort et le dévouement des professionnels de santé mobilisés depuis le début de l’épidémie n’ont fait que creuser encore et encore le trou déjà énorme entre le privé et le public dans notre secteur », assure-t-elle, pointant une prime parfois décuplée entre le public et le privé, à contraintes égales.

« Liés par des conventions avec la Sécurité sociale »

Cette saturation des employés de laboratoire, Richard Fabre, le président de l’Union régionale des professionnels de santé biologistes d’Occitanie ne la nie pas. « Le mois d’août a été difficile, nos laboratoires étaient sous-effectif dû aux congés et en même temps nous avons doublé notre activité. Aujourd’hui, tout le monde est en très forte tension. On a réagi, en recrutant et en investissant dans des machines, mais ça prend du temps. Nous avons aussi donné des primes à nos salariés », explique ce représentant des laboratoires privés.

Il regrette que ce mouvement de grève survienne alors que la question des tests PCR est déjà sensible, entre les temps d’attente pour les faire et la durée de rendu des résultats. « La plupart des laboratoires ont rémunéré leurs salariés pour leurs efforts, les chiffres d’affaires ont augmenté, c’est normal qu’ils en bénéficient. Après on peut toujours discuter du niveau de rémunération, mais je rappelle que, même si nous sommes des indépendants, nous sommes liés par des conventions avec la Sécurité sociale », relève Richard Fabre.