Coronavirus en Auvergne-Rhône-Alpes : propagation du virus, tests, où en est-on dans la région ?

EPIDEMIE Le nombre de cas diagnostiqués a augmenté de 42 % en région en une semaine mais le nombre de décès reste limité

Caroline Girardon

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Illustration du port du masque sur un marché, ici à Lyon sur les quais de la Saône. KONRAD K./SIPA
Illustration du port du masque sur un marché, ici à Lyon sur les quais de la Saône. KONRAD K./SIPA — KONRAD K./SIPA
  • La région Auvergne-Rhône-Alpes est l’une des plus touchées par les cas de coronavirus actuellement.
  • Si les hospitalisations et le nombre de cas positifs augmentent, les décès restent stables et peu nombreux.
  • « La plupart des indicateurs sont en nette hausse mais les effectifs restent encore très en dessous des niveaux atteints au printemps », résume l’Agence régionale de santé.

La grande région Auvergne-Rhône-Alpes n’échappe pas à la règle. Depuis quelques semaines, l’épidémie de coronavirus regagne du terrain et le nombre de cas positifs (qu’il faut relier à la multiplication des tests) explose dans certains secteurs. Notamment dans le département du Rhône, classé en zone rouge. 20 Minutes fait le point sur la situation en région.

Le Rhône plus touché que les autres départements

Selon les chiffres publiés vendredi par Santé Publique France, le nombre de cas d’infection diagnostiqués et le taux d’incidence ont fortement augmenté en Auvergne-Rhône-Alpes : + 42 % pour la semaine du 31 août au 6 septembre par rapport à la semaine précédente. C’est deux fois plus qu’au niveau national (+20 %). « La circulation du virus est toujours plus intense dans la région », relève l’Agence régionale de santé, expliquant néanmoins que la situation est disparate dans les 12 départements.

Sans surprise, la progression reste forte dans le Rhône, déjà classé en zone rouge. Il est le département qui observe le taux d’incidence le plus élevé : 134 cas pour 100.000 habitants. Soit deux fois plus qu’à l’échelle régionale et c’est une augmentation de 43 % par rapport à la semaine précédente. L’Ain et l’Isère sont également en « niveau de vulnérabilité élevé ». La situation est moins tendue en Ardèche, dans la Drôme, la Loire, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme, la Savoie et la Haute-Savoie, où le niveau de vulnérabilité est « modéré ». Quant à l’Allier et le Cantal, ils font figure d’exception avec un risque « limité ».

Pour résumer, « la plupart des indicateurs sont en nette hausse (actes SOS médecins, passages aux urgences, nouvelles hospitalisations, admissions en réanimation) mais les effectifs restent encore très en dessous des niveaux atteints au printemps », nuance l’ARS.

Peu de décès

En semaine 36 (31 août-6 septembre), 221 personnes ont été hospitalisées dans la région à cause du Covid-19 contre 136 la semaine précédente. Le nombre de nouvelles admissions en réanimation augmente aussi (30 versus 18). Mais le nombre de nouveaux décès est « stable », à savoir 6 ou 7 par semaine.

Depuis le début de l’épidémie, 3.117 personnes sont mortes des suites du coronavirus. 67 % des patients décédés à l’hôpital avaient 80 ans ou plus. « Aucun excès significatif de mortalité n’est observé depuis la semaine 18 », confirme l’ARS.

Dépistages saturés et rassemblement de personnes pointés du doigt

Le nombre de personnes testées continue de croître en région passant de 87.620 à 96.356 en une semaine. Soit une progression de 10 %. Un chiffre jugé insuffisant si l’on croit le rapport hebdomadaire. « Cela traduit probablement un début de saturation des capacités de dépistage qui entraîne une augmentation des délais de rendu des résultats », relève Santé Publique France.

Parmi les personnes testées, 72 % sont asymptomatiques et parmi les cas confirmés, 39 % ne déclarent pas de symptôme, indique l’ARS pointant du doigt un « nombre de clusters (75) qui repart à la hausse », pour atteindre « son plus haut niveau depuis la levée du confinement ».

« Si les rassemblements de personnes constituent toujours la principale cause des clusters enregistrés la semaine dernière, la fin des vacances d’été signe le retour des clusters en milieu scolaire et universitaire, ainsi qu’en milieu professionnel », souligne-t-elle encore. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Un tiers de clusters actuellement détectés sont en lien avec des rassemblements de personnes et 20 % sont liés au milieu professionnel. Là encore, le Rhône fait figure de mauvais élèves puisqu’il concentre à lui seul 20 clusters. Soit presque un quart de ceux enregistrés dans la région.

Et pour demain ?

Faut-il s’attendre à un durcissement des mesures sanitaires dans les prochains jours ? Là encore, la situation risque d’être différente selon les départements et le premier ministre Jean Castex a rappelé l’importance d’avoir des « réponses territoriales adaptées aux situations locales », et non pas « de décisions émanant uniquement de Paris ». A Lyon et Villeurbanne, le port du masque est obligatoire dans toutes les rues et toute la journée. Si l’arrêt pris par le préfet de région a été retoqué par le tribunal administratif de Lyon, il a néanmoins été validé par le conseil d’Etat. A Grenoble, la mesure n’a pas été étendue à l’ensemble de la ville mais les zones concernées sont de plus en plus nombreuses. A quelles nouvelles mesures doit-on s’attendre ? Dans les grandes villes de la région, la fermeture des bars et des restaurants à 23 heures ne semblaient pas d’actualité la semaine dernière. Mais les prochains chiffres, qui devraient être publiés la semaine prochaine, pourraient inciter les préfets à encore plus de fermeté.