Coronavirus : « Ultime » réunion le 22 septembre sur le télétravail, pas encore de négociation

DOMICILE Quel avenir pour le travail à domicile ? Patronat et syndicats se regrouperont pour en parler à nouveau

J.-L.D. avec AFP

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Illustration d'un télétravail choupinet
Illustration d'un télétravail choupinet — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

Syndicats et patronat sont convenus ce vendredi de tenir une « ultime » réunion le 22 septembre autour d’un « diagnostic partagé » sur le télétravail, les organisations syndicales espérant toujours l’ouverture de la négociation d’un accord national interprofessionnel, que le Medef juge « prématuré ».

D’ores et déjà, la CFTC a annoncé qu’elle ne prendrait pas part « aux prochaines séances de travail dès lors qu’elles [n’auraient] pas pour objet affiché la renégociation d’un accord national interprofessionnel » (ANI), dans un communiqué publié à l’issue de la réunion.

Le Medef reste sur la défensive

Les syndicats souhaitent négocier de nouveaux droits pour les salariés travaillant à distance, une pratique qui s’est largement développée pour éviter la progression de l’épidémie de Covid-19. « Les entreprises et, en leur sein, les partenaires sociaux, ont besoin d’un cadre normatif renouvelé, unifié et simplifié », souligne la CFTC, alors que l’unique ANI date de 2005, au moment où le télétravail était à un stade expérimental.

Le Medef refuse de se prononcer à ce stade. « C’est trop tôt pour dire » s’il y aura une négociation, a estimé Hubert Mongon, son négociateur, lors d’une conférence téléphonique.

Douze pages mais pas de conclusion

Ce « diagnostic » est « une première étape et il appartiendra aux différentes organisations patronales et syndicales à partir du 22 de voir s’il y a lieu ou pas d’avoir des travaux complémentaires. Mais ça me paraît prématuré », a-t-il ajouté.

Les négociateurs du Medef, de la CPME, de l’U2P, de la CFTC, de la CGT, de FO, de la CFE-CGC et de la CFTC s’étaient retrouvés ce vendredi matin en visioconférence autour d’un projet de « diagnostic partagé ». C’est un texte de 12 pages que le Medef leur avait envoyé mercredi, qui s’appuie sur des discussions entre patronat et syndicats depuis le 5 juin.

Absence d’ANI

Ce projet se penche sur les enjeux du télétravail (sociaux, économiques, environnementaux, managériaux, organisationnels…) mais ne fournit pas de recommandations et n’évoque à aucun moment l’ANI réclamé par les syndicats.

« Nous avons consacré cette réunion aux commentaires, propositions, préconisations, aménagements du texte. L’objectif est d’avoir l’assentiment de l’ensemble des organisations », a assuré Hubert Mongon. La CFE-CGC et la CFDT ont envoyé leurs propositions respectives au Medef pour amender le texte. Force ouvrière doit le faire.

Le patronat libéré

La CGT et la CFTC ont redit lors de la réunion la nécessité d’ouvrir une négociation et « ne sont pas intervenues du tout sur le contenu du texte de synthèse », pendant la réunion, selon Hubert Mongon, qui s’est toutefois dit « confiant sur un consensus ». La CPME pourrait se décider mardi sur une éventuelle négociation.

« Il y a de grandes réticences au sein des entreprises et des branches. Je ne suis pas sûr d’avoir un blanc-seing, mais on ne veut pas donner l’image d’un patronat bloqué sur une question de société », a résumé Eric Chevée, négociateur de la CPME.

Volontariat ou obligation ?

L’une des questions sur laquelle une négociation pourrait être possible serait la « continuité d’activité à domicile » (CAD), ce télétravail massif imposé à des millions de salariés en mars, lors du confinement, a-t-il indiqué.

« Un document comme celui-là, un cabinet aurait pu l’écrire en une semaine. Il est peu ambitieux, tourné sur le managérial et ne va pas changer la vie des salariés », a de son côté réagi Jérôme Vivenza (CGT), regrettant « des sujets manquants » comme la déconnexion ou le handicap.

Les syndicats réclament un ANI pour sécuriser la notion de volontariat, interdire une généralisation du télétravail sur une semaine travaillée, encadrer plus rigoureusement la charge de travail, distinguer le télétravail classique et la continuité d’activité à domicile (CAD), préciser la prise en charge des frais liés au télétravail.