Toulouse : Que vont devenir les scellés (et le fameux cratère) d'AZF ?

19 ANS APRES Alors que le feuilleton judiciaire de l’explosion de l’usine AZF est clos, la question du devenir des scellés judiciaires reste encore à traiter

Béatrice Colin

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Le cratère où a eu lieu l'explosion, là au lendemain du 21 septembre 2001, est encore sous scellé.
Le cratère où a eu lieu l'explosion, là au lendemain du 21 septembre 2001, est encore sous scellé. — WITT/SIPA
  • Le 21 septembre, cela fait 19 ans que l’usine AZF explosait au sud de la Ville rose.
  • En décembre dernier, le pourvoi en cassation était rejeté et les condamnations du directeur de l’usine et de la filiale de Total devenaient définitives.
  • La question des scellés judiciaires, parmi lesquels la zone de deux hectares où se trouve le cratère, devrait être tranchée d’ici les semaines à venir par la cour d’appel de Paris.

C’est une zone en friche, au nord de l’Oncopole de Toulouse, ceinturée par des grillages maintes fois franchis. Les automobilistes n’y font plus attention, jetant à peine un œil au gros tube presque caché sous la végétation. Le 21 septembre, certains se réuniront à nouveau non loin de là, sur le site du mémorial d’AZF, pour rendre hommage aux victimes de l’explosion de l’usine, il y a dix-neuf ans.

Après le rejet du pourvoi en cassation en décembre dernier, on aurait pu penser que cette portion de terrain sous scellés judiciaires allait rapidement retrouver une nouvelle vie, dix-neuf ans après. Et que le cratère de 20 mètres de diamètre, où étaient stockées les 300 tonnes du hangar 221 qui ont explosé, aurait disparu.

Mais il faudra encore attendre un peu. Car, si la Cour de cassation a confirmé les condamnations définitives des anciens dirigeants de l’usine et mis un terme à ce feuilleton judiciaire, la notification de cette décision n’a été faite qu’en février. « Et il y a un délai de six mois pour les éventuels recours des propriétaires des scellés. On arrive aujourd’hui à l’expiration de ce délai », indique un porte-parole du parquet général de la cour d’appel de Paris qui a statué sur ce dossier en dernier ressort avant le rejet du pourvoi en cassation.

Dépollution du site par Total

La juridiction n’a reçu aucune demande pour l’un des 1.700 scellés, parmi lesquels on trouve le terrain de deux hectares où se trouve le cratère ou encore les vêtements d’une des victimes, des prélèvements d’échantillon sur le terrain ou du simple matériel électrique.

Le parquet général va désormais se pencher sur la nature de ces différents scellés et rendra ensuite une décision. Soit ils seront détruits, soit ils seront restitués, soit ils deviennent la propriété de l’Etat.

C’est à partir de ce moment, d’ici quelques mois, que le cratère pourra être aplani. « Total se chargera alors de financer la dépollution de ces deux hectares, comme cela a été le cas pour les autres parties du site », indique Annette Laigneau, l’adjointe à l’urbanisme de la ville de Toulouse. Une dépollution se fera donc à quelques centaines de mètres de l’Institut universitaire du cancer et du campus de l’Oncopole où travaillent plus de 6.000 salariés.

Pour l’heure, aucun projet n’a encore été fixé pour remplacer ces derniers vestiges d’AZF. « Il ne faut pas y faire n’importe quoi, il faut que ce soit en cohérence avec le reste du site », conclut l’élue.