Alain Cocq hospitalisé après quatre jours sans traitement, sa mandataire proteste

FIN DE VIE En « phase terminale depuis 34 ans », comme il l’affirme, Alain Cocq souffre d’une maladie génétique rare et très douloureuse qui bloque ses artères

20 Minutes avec AFP

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Alain Cocq souffre d'une maladie orpheline et décidé d'arrêter de s'alimenter et de s'hydrater à partir de vendredi et de filmer son agonie. Les associations de patients et soignants attendent depuis des mois un nouveau pour les soins palliatifs.
Alain Cocq souffre d'une maladie orpheline et décidé d'arrêter de s'alimenter et de s'hydrater à partir de vendredi et de filmer son agonie. Les associations de patients et soignants attendent depuis des mois un nouveau pour les soins palliatifs. — AFP

Quatre jours après avoir interrompu son traitement et son alimentation, Alain Cocq, qui souffre d’une maladie incurable, a été transféré au CHU de Dijon​ lundi soir, a rapporté sa mandataire, ce mardi, redoutant une hospitalisation sous la contrainte.

« Il a été hospitalisé hier soir après une intervention du Samu. Je pense qu’il n’était pas conscient », a déclaré mardi Sophie Medjeberg, vice-présidente de l’association Handi-Mais-Pas-Que, confirmant une information de la radio RTL.

« On ne peut pas soigner quelqu’un contre sa volonté »

Celle-ci confie craindre que le malade ait été transporté à l’hôpital et soigné contre sa volonté. Ce qu’elle n’a pu confirmer auprès de l’intéressé. « On m’a dit qu’il avait récusé devant témoins son droit de refus de soins. J’ai réclamé qu’il me le confirme en personne au téléphone, mais ses propos n’étaient pas intelligibles. Depuis, j’attends l’autorisation de me rendre à son chevet », a-t-elle indiqué.

Désignée comme mandataire par Alain Cocq pour l’assister dans sa fin de vie, Sophie Medjeberg avait contacté le médecin traitant du malade lundi soir pour lui demander de prodiguer des soins de confort après que l’auxiliaire de vie qui accompagne Alain Cocq eut constaté qu'« il était délirant, avait de la mousse aux lèvres et du sang dans les selles ». Ce n’est qu’après coup que Sophie Medjeberg a appris son transfert au CHU de Dijon. « En vertu de la déclaration de refus de soins, on devait m’appeler immédiatement mais cela n’a pas été le cas », a-t-elle regretté. « On ne peut pas soigner quelqu’un contre sa volonté. Je suis la personne de confiance à prévenir et l’hôpital me balade depuis lundi soir ».

Le direct de son agonie bloqué par Facebook

En « phase terminale depuis 34 ans », comme il l’affirme, Alain Cocq souffre d’une maladie génétique rare et très douloureuse qui bloque ses artères. Faute d’avoir obtenu du président Emmanuel Macron une injection de barbituriques « à titre compassionnel » pour abréger ses souffrances, le Dijonnais avait décidé de se laisser mourir chez lui, cessant tout traitement, alimentation et hydratation à partir de vendredi soir.

Il avait souhaité retransmettre son agonie en direct sur Facebook pour tenter de faire évoluer la législation sur la fin de vie, mais le réseau social a bloqué la vidéo samedi matin. La loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016, n’autorise la sédation profonde que pour les personnes dont le pronostic vital est engagé « à court terme ». Ce que Alain Cocq ne peut prouver.