Lyon : Les prix de l’immobilier en forte hausse, le marché « reste soutenu » depuis le déconfinement

IMMOBILIER Le marché de l'immobilier reste au beau fixe à Lyon depuis le déconfinement, selon plusieurs indicateurs, mais il est difficile de voir comment l'activité va évoluer dans les prochains mois

Elisa Frisullo
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Vue du quartier du Vieux-Lyon, dans le 5e arrondissement de Lyon, en juin 2020.
Vue du quartier du Vieux-Lyon, dans le 5e arrondissement de Lyon, en juin 2020. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Lyon est l'une des villes où les prix de l'immobilier ont le plus progresser en un an pour s'établir à plus de 5.500 euros en moyenne le m2, selon le dernier baromètre LPI-SeLoger.
  • Une situation due notamment à l'attractivité de la ville et à une demande de biens toujours plus forte que l'offre.
  • Un effet de rareté qui pourrait s'installer dans les prochains mois, même si pour l'heure, le marché reste soutenu, avec un retard de ventes dû au confinement quasiment rattrapé, selon les notaires du Rhône.

Des biens qui partent vite et à très bon prix. En un an, les prix de l’immobilier (neuf et ancien) ont fortement progressé à Lyon, selon le dernier baromètre LPI-SeLoger publié en début de semaine. Une situation similaire à celle observée un peu partout en France ces derniers mois, mais dans une plus forte proportion. « Alors que les prix ralentissent à Paris (+ 4,5 % sur un an) et calent à Bordeaux (+ 0,9), à Lyon, ils explosent avec une augmentation de 11,5 % observée entre août 2019 et août 2020. Si bien qu’aujourd’hui, le prix moyen signé au m2 s’élève à 5.536 euros », selon le baromètre, avec un pic observé dans le 6e arrondissement (7.009 euros/m2) ou les 1er et 2e arrondissements (6.000 euros).

Une croissance due à plusieurs facteurs selon Michel Mouillart, porte-parole du baromètre LPI-SeLoger. « L’attractivité de la ville ne se dément pas, explique-t-il à 20 Minutes. Dans un climat de rareté des biens, avec une demande toujours plus pressante, l’attractivité renforce le mouvement à la hausse que l’on observe. » Pour ce spécialiste, la croissance des prix s’explique également par la baisse de l’activité observée dans l’ancien, avec une réactivité du marché plus faible qu’il y a encore quelques mois.

« Il est clair que la crise sanitaire et les conséquences économiques font que les ménages vendent moins. Il y a donc moins de biens sur le marché et une réactivité moins importante. Cela a pour conséquence un déséquilibre entre l’offre et la demande », ajoute-t-il, rappelant toutefois que 2020 reste « une belle année ». « On a une activité moindre que celle de 2019, mais nous restons à des niveaux d’activités tout à fait corrects si on compare aux années 2010 notamment », ajoute Michel Mouillart.

Les prix de l'immobilier à Lyon en août 2020.
Les prix de l'immobilier à Lyon en août 2020. - LPI-SeLoger

Un retard dû au confinement quasiment rattrapé

A la chambre des notaires du Rhône, très au fait des transactions immobilières réalisées tout au long de l’année, la vision du marché lyonnais est bonne, dans l’ancien notamment. « Depuis le déconfinement, le marché est très soutenu », souligne le président de la chambre, Me Frédéric Aumont. Et ce, grâce au phénomène de rattrapage des ventes n’ayant pas pu être réalisées durant le confinement. Les mois d’avril, mai, juin et juillet sont, traditionnellement, les mois les plus chargés dans l’immobilier en raison des projets de déménagement, plus nombreux à cette époque de l’année.

« Malgré la situation économique et les incertitudes pesant sur les prochains mois, les gens ont mené leurs projets à leur terme », ajoute l’expert qui observe à Lyon un volume de ventes quasiment rattrapé par rapport au retard accumulé pendant les deux mois du confinement. Dans l’ancien, les maisons avec un espace de verdure ou les appartements avec terrasse ou grand balcon ont toujours fortement la côte. « Si c’est au bon prix, les biens partent vite et même plutôt dans la fourchette haute », indique Frédéric Aumont.

Les prochains mois restent flous

Cette bonne santé immobilière s’explique pour lui aussi par l’attractivité de la ville, soutenue par une grande diversité de secteurs d’activité. « Il n’y a pas de mono activité comme dans d’autres villes de France, mais de multiples secteurs (industrie, santé, chimie…). Cela permet d’amortir le choc économique ». Pour l’heure tout au moins. Car pour les mois à venir, l’évolution du marché semble difficilement prévisible.

« Septembre, octobre et novembre sont très attendus pour voir la tendance. Ce sont habituellement des mois plus compliqués. Pour l’instant, d’après les premiers retours, les gens continuent de mettre en vente. Il y a des opérations », assure-t-il. En nombre suffisant pour équilibrer l’offre et la demande ? « Pour le moment, la situation n’a pas bouleversé le marché lyonnais », conclut-il. Même si à Lyon, comme ailleurs, le durcissement des conditions d’obtention des prêts par les banques, observé depuis début 2020, ne participe pas à rassurer les professionnels de l’immobilier pour les mois prochains.