Alain Cocq annonce sur Facebook avoir cessé son traitement

FIN DE VIE Atteint par une maladie orpheline depuis 34 ans, Alain Cocq annoncé voir pris son dernier repas et va cesser de s'alimenter et de s'hydrater, Emmanuel Macron ne l'ayant pas autorisé à bénéficier d'une aide médicale à mourir

20 Minutes avec AFP
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Alain Cocq n'a pas pu bénéficier d'une aide médicale à mourir
Alain Cocq n'a pas pu bénéficier d'une aide médicale à mourir — PHILIPPE DESMAZES / AFP

Il a pris cette décision « sereinement ». Le militant de la fin de vie « digne », Alain Cocq, atteint d’une maladie incurable, a annoncé, dans la nuit de vendredi à samedi en direct sur Facebook, avoir cessé son traitement, toute alimentation et hydratation, se laissant ainsi mourir.

« Le chemin de la délivrance commence et, croyez-moi, j’en suis heureux », a déclaré Alain Cocq en direct sur son compte Facebook, peu après minuit, en annonçant avoir « fini son dernier repas » et cessé toute hydratation et tout traitement. « Je sais que les jours qui m’attendent vont être difficiles mais j’ai pris ma décision et je suis serein », a-t-il ajouté.

« Pas un suicide »

« Ce n’est pas un suicide », précise le malade, rappelant qu’il est catholique. « Je suis dans le cas prévu par la loi où un patient peut arrêter son traitement », explique-t-il, disant que, dans ces cas-là, le décès suit « dans les deux à cinq voire sept jours ». « Moi, avec mon état, ça risque d’être rapide ».

« Ça sera très dur mais ça ne sera pas trop grand chose par rapport à tout ce que j’ai vécu », poursuit Alain Cocq depuis le lit médicalisé installé à son domicile et qu’il ne peut plus quitter. Tendant un gobelet en plastique à la caméra, il lance par la suite un dernier mot : « Voilà les amis, je bois un dernier coup à votre santé », avant de conclure son message très poignant par un « ainsi va la vie. Au revoir ».

Refus de Macron

Alain Cocq avait peu auparavant essuyé un refus du président Emmanuel Macron de l’aider à mourir en autorisant un suicide assisté. « Votre souhait est de solliciter une aide active à mourir qui n’est aujourd’hui pas permise dans notre pays », a écrit M. Macron en réponse à la demande d’Alain Cocq d’autoriser un médecin à lui prescrire un barbiturique, « à titre compassionnel », afin qu’il puisse « partir en paix ».

La loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016, autorise la sédation profonde mais seulement pour les personnes dont le pronostic vital est engagé « à court terme ».

Or M. Cocq, même s’il se dit « en phase finale depuis 34 ans » du fait d’une maladie dégénérative très douloureuse, ne peut pas prouver que sa fin de vie approche à court terme. Le militant de la mort « dans la dignité », qui a fait plusieurs tours d’Europe en fauteuil roulant pour plaider sa cause, a donc mis à exécution sa décision de « dire stop », comme il l’a récemment expliqué à l’AFP.