Toulouse : Après le boom du confinement, le drive fermier doit labourer le terrain

TENDANCE La frénésie qui a accompagné le confinement n’est plus qu’un lointain souvenir pour le drive fermier de Toulouse. Il fait son lifting pour pérenniser la tendance

Hélène Ménal

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Une cagette de légumes fermiers. Illustration.
Une cagette de légumes fermiers. Illustration. — Allilimages - Sipa
  • Pendant le confinement, le Drive fermier Toulousain, animé par la Chambre d’agriculture, a vu ses commandes littéralement exploser.
  • Mais l’été et le déconfinement sont passés par là et les consommateurs semblent avoir repris leurs vieilles habitudes.
  • Alors le drive a fait son lifting sur Internet et a simplifié son fonctionnement, en espérant que le retour aux sources n’était pas qu’un feu de paille.

Un livreur Deliveroo qui vient chercher sa bouteille d’huile d’olive et des pois cassés. Puis un militaire qui attrape au vol un colis de viande parce que c’est « à côté de la caserne » mais aussi et surtout parce qu’il est « fils d’agriculteur, un métier difficile ». En ce vendredi après-midi, le drive fermier de Toulouse, où tous les produits arrivent tout droit d’exploitations du coin, fait sa rentrée. Mais tranquillement. Nathalie, éleveuse dans le Comminges et bénévole du jour au point de livraison, désormais unique, du Domaine de Candie, a 44 paniers à remettre. Les clients se garent au compte-gouttes. On est loin, très loin de la « folie » du confinement.

« On est monté jusqu’à 200 commandes par semaine, le drive a multiplié son chiffre d’affaires par dix. On a même été obligé de rationner les clients parce que certains commandaient cinquante kilos de farine », se souvient Elsa Ducousso, l’animatrice de ce drive fermer créé par la chambre d’Agriculture de Haute-Garonne. « Je n’arrivais pas à suivre au niveau production », complète Nathalie.

Retour dans les supermarchés

Mais ça c’était avant. Avant le déconfinement. Dans le monde d’après, l’aspiration au « manger mieux », à l’approvisionnement local semble n’avoir été qu’un feu de paille. « Peut-être que le rationnement a vexé, on a manqué parfois de certains produits », reconnaît l’animatrice. Mais, avec Nathalie, elles pensent surtout que « les gens ont repris l’habitude d’aller au plus simple, au plus pratique, dans les supermarchés où on peut tout acheter, y compris des produits ménagers ».

Nathalie, une éleveuse du Comminges, avec un panier du vendredi.
Nathalie, une éleveuse du Comminges, avec un panier du vendredi. - H. Menal - 20 Minutes

Elles sont aussi persuadées que rien n’est perdu et que l’essai peut encore être transformé. Pendant la torpeur estivale, le site Internet du drive a fait son grand lifting. « Il est plus ergonomique, plus facile d’utilisation pour les producteurs comme pour les clients », assure Hélène Demblas, l’élue en charge du drive à la Chambre d’Agriculture. Elle espère que ce nouvel « univers » va booster les commandes. « Tous les produits ont une fiche de traçabilité, Elsa connaît personnellement les producteurs, c’est là-dessus qu’il faut jouer », dit-elle.

L’interface facilitée pour les producteurs, « qui ont la garantie qu’ils n’auront pas d’invendus » devrait aussi permettre de diversifier les références. « A l’heure où les places sur les marchés sont chères, je suis persuadé que la vente directe par Internet, simple et rapide, est une solution pour l’avenir de la profession », estime Serge Bouscatel le président de la Chambre d’agriculture. Il a dans son équipe toute une génération de jeunes agriculteurs connectés qui ne veulent pas rester charrette.