« Moi, c’est Madame », le jeu de société qui apprend à clouer le bec aux relous sexistes

SOCIETE Deux Marseillaises lancent un jeu de société qui permet de dégainer ses meilleures punchlines face au sexisme

Mathilde Ceilles

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Le jeu Moi, c'est Madame permet de s'entraîner à répondre aux phrases sexistes
Le jeu Moi, c'est Madame permet de s'entraîner à répondre aux phrases sexistes — Moi, c'est Madame
  • Le jeu de société Moi, c’est Madame vise à s’entraîner à répliquer à des situations sexistes.
  • Les créatrices de ce jeu espèrent ainsi éduquer et sensibiliser à ces questions de façon ludique.

« Et merde, j’aurais dû lui dire ça ! » Quelle femme n’a jamais vécu ce sentiment désagréable, dans sa voiture ou dans son lit, après avoir été incapable de répondre à une remarque sexiste et déplacée ? Pour ne plus jamais revivre cette situation, Elsa Miské, cofondatrice du podcast ​féministe marseillais YESSS, et la game designeuse Axelle Gay lancent Moi, c’est Madame, un jeu de société qui permet de s’entraîner pour ne plus subir les situations sexistes et dérangeantes.

Concrètement, des phrases sexistes sont compilées sur des cartes dites « attaques », ainsi que, pour les cartes dites « ripostes », des réponses possibles et qui fonctionnent, puisque issues de témoignages du podcast YESSS. « A tour de rôle, un joueur prend une carte dans la pile attaque, qui peut être ciblée sur un joueur particulier ou sur tous les joueurs, explique Axelle Gay. Les autres joueurs ont dans leurs mains des cartes riposte pour répondre. Il y a aussi des cartes improvisation, pour inciter les joueurs à tenter leurs propres ripostes. »

« Tu as vu son âge, elle est périmée ! »

Pêle-mêle, les joueurs doivent ainsi trouver des phrases à répliquer à des « Elle a pas eu sa promotion parce qu’elle est pas passée sous le bureau » ou « Tu as vu son âge, elle est périmée ! ». Et, « petit bonus », selon la formule d’Axelle Gay, « au fil du jeu, on gagne des points qui à la fin, permettent de dire quel type de féministe on est. Il n’y a pas de compétition, le but est plutôt de valoriser toutes les personnalités. »

« En jouant, on peut avoir des idées, des techniques face à des situations sexistes qui peuvent devenir des réflexes, mêmes pour les plus timides », se réjouit Elsa Miské. Et surtout, susciter le débat entre les joueurs. « Quand on joue, ça joue des heures entières, s’amuse-t-elle. Moi, j’ai pu faire des parties jusqu’à deux heures du matin, où on s’est arrêté pendant une demi-heure pour parler. “Est-ce que quand mon mec fait ça, c’est bien ?”. “Ah bah, il est arrivé ça à ma cousine !”. Ça devient un moment de partage, d’échange d’expériences entre femmes. »

Les créatrices espèrent également que la gent masculine se prêtera au jeu, pour les sensibiliser à la question. « Les mecs qui ont pu jouer à ce jeu, ils hallucinent de ce qu’on peut entendre, soupire Elsa Miské. Et j’ai pu aussi observer que quelques hommes prennent toute la place dans le jeu… Donc on en discute. » Les premières préventes de Moi, c'est Madame seront ouvertes dès le 10 septembre sur la plateforme de financement participatif Ulule. Les créatrices ont de plus noué une collaboration avec une association pour créer une version du jeu pour les lycéens, et ainsi, évoquer la question du sexisme de façon plus ludique dès l’adolescence.