Aveyron : Le bleu de brebis peut coexister avec le roquefort et ça rend José Bové furax

TOUT UN FROMAGE Au grand dam de José Bové, la guerre « bleu de brebis vs roquefort » vient d’être enterrée par la filière. Avec l’aide d’un sondage

20 Minutes avec AFP
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Un plateau de Roquefort, du vrai. Illustration.
Un plateau de Roquefort, du vrai. Illustration. — Michel Gile - Sipa
  • La confédération en charge de défendre l’AOP roquefort a décidé de ne pas se formaliser de l’existence d’un bleu de Brebis dont l’emballage et l’apparence obéissent aux mêmes codes.
  • Une conclusion qui fait bondir l’eurodéputé José Bové. Il estime que la confusion met en péril l’AOP.

Les plus hautes instances du roquefort​ ont décidé de ne pas faire tout un fromage du bleu de brebis commercialisé par  Lactalis. Produit à Rodez et commercialisé depuis avril 2019, ce fromage au lait pasteurisé a la même couleur que le roquefort. Il est tout aussi persillé et son emballage ressemble à s’y méprendre à celui du célèbre fromage sous appellation d’origine protégée (AOP). D’ailleurs, il est aussi estampillé Société puisque produit par le même groupe.

Au moment de l’arrivée du bleu de brebis sur le marché, l’eurodéputé José Bové avait qualifié d'« hérésie » cet « ersatz de roquefort », emboîtant le pas à d’autres syndicalistes agricoles choqués par l’imitation. Il n’a pas été suivi par la filière puisque la confédération générale de roquefort vient de hisser le drapeau blanc dans cette guerre des fromages aveyronnais en estimant qu’il n’y avait pas de risque de confusion pour le consommateur.

Un sondage et des dégustations à l’aveugle

« Compte tenu des résultats des études menées par l’Ifop (sur un échantillon de 7.000 personnes) et par la commission organoleptique de la confédération (test à l’aveugle sur le goût) », la « comparaison ne prête pas à confusion », affirme dans un communiqué l’instance fromagère en charge de la défense et de la gestion de l’OP Roquefort.


Cette « coexistence possible » entre les deux fromages est loin d’être du goût de José Bové qui la considère comme « un instrument de destruction de l’appellation d’origine ». « Le seul argument de la confédération, c’est de dire qu’il y a eu un sondage Ifop, confie l’eurodéputé à l’AFP. Mais la confusion existe à tous les étages, puisque c’est toujours l’ovale vert de Société, c’est tous les codes du Roquefort Société qui sont sur l’étiquette ».

José Bové ne compte pas en rester là. « La confédération de roquefort pour moi n’existe plus et doit se dissoudre puisqu’elle manque à tous ses devoirs », s’emporte-il. L’eurodéputé attend de connaître l’avis de l’Institut national des appellations d’origine (INAO) sur ce litige. Et, avec ses amis, il n’exclut pas un recours contre Lactalis ou la Confédération.

La filière roquefort emploie quelque 1.700 salariés et fait tourner près de 2.000 exploitations laitières.