Les cours de conduite dès l'âge de 10 ans veulent prendre de la vitesse en France

EN VOITURE Venue de Grande Bretagne, Young Driver s'implante en France pour « initier les bases de la conduite et de la sécurité routière aux enfants à partir de 10 ans »

Julie Urbach

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Young Driver propose des initiations à la conduite dès 10 ans. Kévin, le moniteur, avec son élève Lowa (photo prise avant les mesures sanitaires)
Young Driver propose des initiations à la conduite dès 10 ans. Kévin, le moniteur, avec son élève Lowa (photo prise avant les mesures sanitaires) — J. Urbach/ 20 Minutes
  • La société, dont le siège français est basé à La Roche-sur-Yon en Vendée, propose déjà des sessions dans plusieurs autres villes de France, dont Nantes.
  • « A cet âge, ils apprennent plus facilement », estime Kévin, l'un des moniteurs d'auto-école qui encadrent ces jeunes.

Il sait passer la marche arrière, mettre son clignotant, et même, avec un peu d’aide, se garer « en bataille ». A 14 ans, Lowan se sent « plutôt à l’aise » au volant d’une voiture. L’adolescent n’a pourtant pas vraiment l’âge pour la conduite, dont l’apprentissage débute au minimum à 15 ans. C’était sans compter sur Young Driver, une entreprise venue de Grande Bretagne qui ambitionne d’« initier les bases de la conduite et de la sécurité routière aux enfants à partir de 10 ans. »

La société, dont le siège français est basé à La Roche-sur-Yon en Vendée, propose déjà des sessions dans plusieurs autres villes (Bordeaux et Paris) et espère se déployer prochainement partout en France, comme à Lille, Lyon ou Marseille. A Nantes, où les initiations reprennent ce samedi après une coupure due au confinement, les leçons se déroulent sur le parking Système U à Carquefou, privatisé et aménagé pour l’occasion. « Ce sont de vraies voitures à double pédale (des C3 de chez Citroën, partenaire exclusif) mais l’environnement est ultra-sécurisé, explique la direction de Young Driver. L’enfant évolue avec un moniteur d’ auto-école certifié. Le but est que cette première expérience soit la plus agréable possible. »

Young Driver propose des initiations à la conduite dès 10 ans
Young Driver propose des initiations à la conduite dès 10 ans - J. Urbach/ 20 Minutes

« Pas super simple » de gérer pédales et volant

Dans la voiture, l’ambiance est plutôt détendue. Kévin, le moniteur, joue la bienveillance avec son jeune élève qui se cramponne au volant. « A cet âge, ils apprennent plus facilement, juge celui qui compare voiture et vélo dans ses explications. Dès que l’enfant a compris le démarrage, c’est 5 ou 6h de conduite de gagnées lorsqu’il commencera vraiment son apprentissage. Et s’il n’y arrive pas ce n’est pas grave. C’est de la découverte, il faut vraiment que ça reste ludique. »

Sur ce point, le pari semble réussi chez les enfants qui sortent des voitures. Certains demandent à revenir plusieurs fois, attirés par un symbolique « carnet de route » à remplir au fur et à mesure. « C’était cool, je ne me suis pas mis la pression et ça s’est super bien passé », sourit Maël, 17 ans, qui s’était déjà essayé une fois à bord de la voiture de son papy. Même enthousiasme chez Clément, 14 ans, lui aussi très dégourdi. « C’est un peu plus difficile que le karting, reconnaît le garçon. Gérer les pédales et le volant en même temps, ce n’est pas super simple… »

Pour 39,99 euros la demi-heure, ce qui est souvent un cadeau de Noël ou d’anniversaire vise aussi à satisfaire les parents. Très fier, Christian débriefe la prestation de l’un de ses fils. « Il a démarré nickel, sourit-il. Il est doué ! Moi il m’avait fallu au moins deux heures pour piger le truc… » « C’est une activité originale, estime un autre papa, qui a pris plein de photos et de vidéos. Peut-être que notre fille sera un peu plus attentive ensuite en tant que piétonne, notamment quand elle traverse la rue… »

Pas de diminution des risques

Mais les avis ne sont pas tous aussi dithyrambiques. A son lancement, certaines auto-écoles s’inquiétaient que Young Driver ne représente une forme de concurrence. « On ne s’adresse pas aux mêmes âges. Au contraire, cela permet à beaucoup de jeunes de franchir le pas de la conduite accompagnée, ensuite », répond la direction.

Le fait de présenter la conduite comme une activité de loisirs peut-il constituer un danger ? « L’accès plus précoce à la conduite n’implique pas une diminution significative des risques routiers, estime Christophe Ramond, de l’association Prévention routière, qui ne voit ni d’un bon ni d’un mauvais œil l’initiative. Pour les enfants, il serait plus important de leur apprendre à bien savoir s’attacher. »