L’université d’Aix-Marseille va fournir des masques aux étudiants démunis, un syndicat réclame une fourniture généralisée

EPIDEMIE L’université d’Aix-Marseille, la plus grosse de France, a pris une série de mesures concernant la pandémie de Covid-19 avant la rentrée des étudiants

Adrien Max

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Illustration de l'université d'Aix Marseille.
Illustration de l'université d'Aix Marseille. — P. MARSAUT / REPORTAGES / 20 MINutes
  • L’université d’Aix-Marseille propose de suivre des cours en visio conférence à ses étudiants.
  • Le port du masque étant obligatoire, l’université va en fournir aux étudiants les plus démunis.
  • Un syndicat étudiant souhaite la fourniture de masque à tous les étudiants.

La plus grosse université de France, dans les starting-blocks de la rentrée. La rentrée d’Aix- Marseille Université doit avoir lieu ce lundi, et elle se prépare depuis plusieurs semaines déjà en raison de la pandémie de Covid-19. « Nous espérions tous que la rentrée se réaliserait sous de meilleurs auspices. Or, force est de constater qu’il n’en est rien. Nous sommes donc face à une gageure : préserver la santé de chacun en ne sacrifiant pas pédagogiquement cette nouvelle génération », explique le président de l’université, Eric Berton, dans une lettre d’information à l’attention de l’ensemble de la communauté universitaire.

Parmi les mesures mises en place, « l’installation de la plateforme Zoom de télédiffusion, et de systèmes de captation vidéos » permettra de réduire le nombre d’étudiants dans les amphithéâtres en leur offrant la possibilité de suivre ces cours à distance. « Des ordinateurs sont en cours d’achat pour les étudiants les plus précaires », afin de réduire la fracture numérique. Ainsi, en fonction des composantes et des formations, celles-ci pourront être dispensées intégralement à distance, en présentiel ou en mode hybride. L’université explique également travailler sur le déploiement du télétravail.

Précarité étudiante

Le port du masque est obligatoire pour les étudiants, comme pour le personnel, à l’intérieur des bâtiments mais aussi dans les enceintes extérieures. « Nous n’allons pas fournir des masques à tous les étudiants, mais aux étudiants en situation de précarité bien évidemment. Un budget de 200.000 euros minimum sera débloqué », a annoncé Eric Berton sur France Info la semaine dernière.

Une décision que regrette Clément, étudiant à Sciences Po Aix, et membre de Solidaires Etudiant.e.s. « Le port du masque obligatoire est une charge financière supplémentaire pour les étudiants, qui rejoint la problématique de la précarité étudiante qui visiblement n’est toujours pas comprise », estime-t-il. « Nous demandons la gratuité des masques pour les étudiants, et ce n’est pas une demande d’étudiants gauchistes, l’ancien président François Hollande s’est également prononcé pour cette gratuité », ajoute Clément.

La problématique des appels d’offres

En se renseignant sur les masques, il a trouvé une entreprise fabricante de masques en chanvre et bio compostable. « L’université pourrait fournir deux masques au prix de 0,65 centime d’euros aux 80.000 étudiants pour un coût total de 104.000 euros, soit moins que le budget estimé pour fournir les masques aux étudiants les plus précaires », avance Clément.

Du côté de l’université, on explique n’avoir pas encore « quantifié de manière précise le nombre d’étudiants démunis à qui il faudrait fournir des masques, ce chiffre est en cours d’affinage ». Quant à la fourniture de ces masques en chanvre, « nous avons l’obligation de passer par des appels d’offres avec une mise en concurrence des fournisseurs », explique l’université. « Cela relève d’eux et de leur organisation, mais quitte à mettre de l’argent autant que ça bénéficie au plus grand nombre, et que ce soit des masques biodégradables plutôt que jetable », considère Clément.