Paris : Les consommateurs de crack installés dans le quartier Rosa Parks évacués

DROGUE Ce jeudi matin, la préfecture de police a procédé à l’expulsion d'une centaine de sans-abri, dont de nombreux consommateurs de crack, installés depuis quelques mois dans un tunnel SNCF situé dans le quartier Rosa-Parks, dans le 19e arrondissement de Paris

Romain Lescurieux

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86 personnes ont été évacuées ce jeudi du campement situé dans le quartier Rosa Parks (19e)
86 personnes ont été évacuées ce jeudi du campement situé dans le quartier Rosa Parks (19e) — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
  • Cette opération de police a pour but de « mettre un terme définitif à ce campement ».
  • Depuis plusieurs mois, une centaine de consommateurs de crack ont pris position dans un tunnel sous des installations ferroviaires dans le 19e arrondissement.
  • Depuis plusieurs années, le crack gangrène le nord-est de la capitale.

Une opération qui était attendue, notamment par des riverains excédés. Ce jeudi matin, la Préfecture de police (PP) a procédé à l’expulsion de plusieurs dizaines de fumeurs de crack qui avait pris position depuis quelques mois d’un tunnel SNCF de 80 mètres situé dans le quartier Rosa-Parks, (19e arrondissement). Selon la PP, « le campement avait pris de l’ampleur depuis deux mois et comptait jusqu’à 100 personnes ».

Dès 7 heures, 86 personnes ont été évacuées, selon la Préfecture de police. Les usagers de crack et de nombreux migrants ont défilé dans le calme à la sortie du tunnel, rempli de détritus et d'abris de fortune, a constaté sur place un journaliste de l'AFP.

« L’endroit était devenu un point de fixation d’usagers de drogues et surtout de crack, drogue peu chère et très addictive. Certains habitaient dans ce lieu, devenu une zone de trafic marqué par de la délinquance, de la prostitution, des rixes régulières, des déchets, des nuisances, des phénomènes d’agression et de vol », indique une source policière, qui précise que cette opération a pour but d’y « mettre un terme définitif ».

Eviter une « reconstitution du campement »

Expulsés de la colline du crack de la porte de la Chapelle (18e) en début d’année, les consommateurs s’étaient dispersés dans le nord-est parisien, reformant des poches de consommation à quelques endroits, pour finalement se fixer dans le quartier Rosa-Parks, au grand désespoir des habitants qui avaient alerté les pouvoirs publics. La Préfecture de police promet de tout faire pour éviter désormais une « reconstitution de campement » ou un « report ». Quelques places dans des hôtels sociaux ont été mobilisées par la région Ile-de-France pour prendre en charge des usagers évacués. Mais la plupart ont été dispersés dans le quartier, sans solution de relogement. Aucun dispositif n'était prévu pour orienter les sans-abri.

De son côté, la SNCF doit désormais se charger de la sécurisation des lieux. Soit « de lourds travaux dans le tunnel qui empêcheront une réinstallation », assure cette même une source policière. Depuis plusieurs années, le crack gangrène le nord-est de la capitale. En 2019, un plan de lutte contre le crack à Paris avait été signé par la Ville de Paris, la préfecture de police, la préfecture de région d’Ile-de-France et l’agence régionale de santé (ARS). Objectif : endiguer ce « fléau ». Avec comme priorité, l’accompagnement et de la prise en charge médico-sociale des usagers de drogues en errance.

Pour l'adjointe à la santé de la mairie de Paris, Anne Souyris (EELV), l'évacuation de jeudi a été mal préparée. «Il n'y a même pas assez de places prévues pour les héberger, donc on va retrouver ces personnes disséminées dans Paris et on va encore tout recommencer à zéro», a-t-elle déclaré à l'AFP.