Marseille : « Des cons, il y en a toujours eu »... Deux bagarres éclatent au Mondial la Marseillaise

REPORTAGE Deux bagarres entachent le bilan du Mondial la Marseillaise à pétanque. Amateurs et organisateurs affirment qu’il s’agit d’un épiphénomène, loin des valeurs de ce sport

Mathilde Ceilles

— 

Stéphane Robineau lors de la demi-finale du Mondial la Marseillaise en 2020
Stéphane Robineau lors de la demi-finale du Mondial la Marseillaise en 2020 — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Ce dimanche, une bagarre a éclaté entre une équipe française et une équipe belge au Mondial la Marseillaise. Et ce mardi, une nouvelle violente altercation a opposé un membre du public à un autre joueur.
  • Le confinement est-il responsable de ce déchaînement de violence ? Pour un spectateur, « c’est juste une excuse qui fait passer la pilule ».

Rapidement, le sujet brûle les lèvres des spectateurs, choqués des derniers remous qui entachent le Mondial la Marseillaise à pétanque. « Je suis un grand amateur de pétanque, explique Jean-François après avoir photographié Dylan Rocher, l’une des stars de la compétition. C’est un vrai sport, avec un esprit un peu à part. J’ai appris qu’il y avait eu des bagarres et je trouve ça lamentable. Ça n’a rien à faire avec la pétanque. »

Deux incidents ont en effet émaillé l’édition 2020 de la plus grande compétition de pétanque au monde qui s’est clos ce mercredi au parc Borély de Marseille. Ce dimanche, une bagarre a éclaté entre une équipe française et une équipe belge à l’issue d’une partie. Et ce mardi, une nouvelle violente altercation a opposé un membre du public à un autre joueur.

« Ça rappelle Cantona à l’époque de Manchester United ! »

« Bien évidemment, on condamne la violence, qui n’a pas lieu d’être dans le sport, soupire Pierre Guille, président du Mondial la Marseillaise à pétanque. Ça n’est pas dans l’esprit du sport. Maintenant, on organise une manifestation avec plus de 3.000 parties de pétanque sur 20 sites de jeu et on dénombre deux incidents. » Et d’expliquer : « Dimanche, on n’est pas sur une bagarre ensanglantée, juste deux équipes entre qui ça s’est mal passé sur le score. Et ce mardi, quelqu’un dans la tribune a invectivé un joueur, ce qui n’arrive jamais, contrairement au football. Le ton est monté et le joueur a pété un plomb. Ça rappelle Cantona à l’époque de Manchester United ! »

« Il y a peut-être un côté méridional derrière tout ça… », se risque Jean-François. « Non, mais oh !, s’emporte Laurent. A Marseille ou à Metz, c’est pareil ! Et une bagarre, ce n’est pas normal. » « On a déjà eu le ton qui a pu monter, comme en 2014, mais ça chambrait bon enfant, affirme Pierre Guille. C’est la première fois qu’on vit ça. De l’ambiance oui, mais pas de violences… »

« Des cons, il y en a toujours eu »

« Je suis déjà venu sept ou huit fois, explique dans les gradins Alain. Et ces bagarres, je ne les comprends pas. Bon, il y a quatre ans, il y en a bien un qui s’était pris un coup de boule… » « Je suis venu 5.000 fois, et des bagarres, je n’en ai pas vu souvent », proteste son voisin.

Un dommage collatéral au confinement ? Une récente étude de scientifiques anglais, publiée il y a quelques mois dans The Lancet, avait démontré qu’une quarantaine supérieure à dix jours pouvait engendrer des symptômes de stress post-traumatiques, et notamment des comportements d’évitement et de colère. « Des cons, il y en a toujours eu, le confinement, c’est juste une excuse qui fait passer la pilule », s’agace Robert – pardon « Robert le boucher », comme il se présente à nous, celui-là même qui affirme avoir « dit ses quatre vérités dimanche » à un adversaire. « Je ne suis pas médecin, mais je n’y crois pas, lance Pierre Guille. Je ne sens pas les gens particulièrement énervés. Le problème dans ces incidents, c’est que le gars qui invective, c’est un abruti. Et pour nous, c’est une vraie déception. On n’a pas fait tout ça pour ça. »