« Besoin de s’évader », « J’attends les protocoles »… A l’heure du Covid, les parents vont-ils inscrire leurs enfants au judo ou au poney-club ?

EXTRA-SCOLAIRE Face aux craintes, les fédérations et les associations d'activités extra-scolaires se veulent rassurantes

Romarik Le Dourneuf

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Les activités en plein air comme l'équitation posent moins de question à l'heure de la reprise.
Les activités en plein air comme l'équitation posent moins de question à l'heure de la reprise. — Franck Fife
  • Traditionnelle étape après la rentrée, ce week-end va voir les forums d’associations se multiplier un peu partout en France. L’occasion pour des millions d’enfants (et d’adultes) de s’inscrire à leurs activités préférées.
  • La plupart des lecteurs de 20 Minutes qui ont répondu à notre appel à témoins ont fait le choix d’inscrire leurs enfants, en dépit des risques liées au coronavirus. Certains préfèrent toutefois attendre de voir comment s’organiseront les activités.
  • Les fédérations insistent sur la mise en place de protocoles dédiés pour rassurer les parents.

Si beaucoup d’enfants et de jeunes traînent souvent des pieds à l’heure de la rentrée, un autre événement, qui la suit généralement de près, soulève davantage leur enthousiasme : le forum des associations

Ce week end justement, sera un moment fort des inscriptions aux activités extrascolaires. Basket-ball, danse, théâtre… L’heure du choix est arrivée. Mais cette année, l’ombre du Covid-19 plane sur ces activités et les parents se posent la question de savoir s’ils doivent ou non inscrire leurs enfants. Pour 20 Minutes, ils s’expliquent.

Le Covid n’empêchera pas les activités

« A part l’école, ils n’ont presque rien à faire pour s’évader, puisque tous les événements sont annulés ». Elodie n’a pas hésité au moment d’inscrire son fils de 6 ans au théâtre et au poney club. Comme elle, beaucoup de nos lecteurs ont fait ce choix en dépit du coronavirus. Nathalie aussi a déjà prévu de laisser ses fils aller au sport et au cours de musique. «  La santé est une démarche globale. Pour leur bon développement corporel et mental, il faut bouger et continuer ses activités favorites ». Carmeline, elle, insiste sur « le lien social ». Même raisonnement pour Kenza, qui affirme vouloir « reprendre le cours de la vie » tout en rappelant la nécessité de respecter les gestes barrières. Elle a inscrit son fils au football – pour le plus grand bonheur de celui-ci – alors qu’il a pris du poids et le vit assez mal. Elle avance un argument plus surprenant : l’immunité collective, qu’elle estime nécessaire pour « éradiquer le virus ».

Cet argument fait écho à un autre souvent cité par les parents : les enfants vont déjà à l’école. Renaud résume : « A partir du moment où ils y vont, les risques sont pris. » Justine, qui a inscrit son fils de 9 ans au hip-hop, estime aussi que bien encadrés, les enfants ne risquent « pas plus que dans la cour de récréation ». Les mesures barrières reviennent régulièrement dans les témoignages, et les parents rappellent que beaucoup d’activités ne se déroulent pas dans des milieux à risque. Exemple avec Alexandra et sa fille, qui fait de la natation : « Avec le chlore, peu de risque ». Quant à Emma, elle argue que l’activité poney de son fils se déroule en plein air. Pour beaucoup, on retrouve une certaine confiance envers les organismes. « Il faut leur faire confiance, sinon c’est la mort de nos associations », lance Sébastien.

Des doutes à l’heure des inscriptions

Mais il y a bien des inquiétudes. Sandra, par exemple, ne cache pas sa peur après que son fils de 9 ans lui a expliqué qu’il était « impossible pour lui et ses camarades de garder leurs distances dans le jeu ». Certains, comme Maëlle, sont donc prudents : « Je vais les inscrire comme d’habitude, mais je ne sais pas si je vais les envoyer ». Sa fille, qui pratique le trampoline, devra attendre. Même son de cloche pour Jean-Philippe, qui prévoit de prolonger la licence de natation de sa fille mais attendra de savoir combien d’enfants seront dans le même bain avant de se jeter à l’eau. « Quitte à payer pour rien ».

Le doute est d’autant plus grand lorsque les activités se déroulent dans des lieux clos ou qu’elles impliquent des contacts. Les sports de combat sont particulièrement cités. Maggie, dont le fils pratique le judo, se retourne les méninges : « Je me pose beaucoup de questions et, franchement, je ne vois pas comment les enfants pourraient se protéger ». Même problème pour Fatma, qui pense qu’il y a trop de risque à ce que sa fille poursuive le kick boxing cette année.

Enfin, pour certains, la question est déjà tranchée : pas d’activité cette année. Caroline ne souhaite pas « multiplier les risques en emmenant [ses] enfants partout ». Et Elodie a déjà expliqué à son fils qu’il ne pourrait reprendre la gymnastique : « C’est trop dangereux. L’école est obligatoire, mais pour le reste, c’est mon choix ».

Les fédérations veulent rassurer

Pourtant, les responsables se veulent rassurants. La Fédération française de judo, parfait exemple des sports de contact qui attisent les craintes, se dit déjà prête. « Les protocoles sanitaires dans le judo, on connaît depuis toujours parce qu’on est japonisants. On ne se sert pas la main, on se salue, explique Jean-Claude Senaud, le directeur technique national. On a toujours demandé aux enfants de se laver les pieds avant de pénétrer sur le tapis. Et le judoka est respectueux des consignes ». Les pratiquants devront se désinfecter les mains et les pieds avant d’entrer et en sortant. Des groupes de 8 à 10 élèves seront composés, et ils seront à distance des autres groupes. Les professeurs et leurs assistants assureront les distances de sécurité et conserveront leur masque. Des masques qui ne seront pas obligatoires pendant les combats, comme le justifie Jean-Claude Senaud : « Avec la transpiration, au bout de dix minutes, il serait inutile ».

Richard Oswald, le directeur technique national de la Fédération française de danse, dit comprendre les inquiétudes des pratiquants, mais assure que les protocoles sont en place. Les salles seront aérées toutes les trois heures et désinfectées dès que possible. Une distanciation est également mise en place, même pour les danses de couple. Par ailleurs, les masques ne seront pas obligatoires, mais les matériels comme les barres de danse classique ou de pole dance seront désinfectés par les participants au moyen de lingettes entre chaque cours.

D’autres activités artistiques ne sont pas en reste. La Fédération française de théâtre, par exemple, a déjà communiqué sur les mesures à prendre. Les associations sont ainsi appelées à penser leurs mises en scène pour l’adapter à la situation. Et à la Fédération, on évoque même des pièces qui intégreraient un accessoire très tendance : le masque.