Haute-Garonne : Pour aider les pompiers à sauver des vies, les Toulousains appelés à devenir des « Bon Samaritain »

URGENCES Les pompiers de la Haute-Garonne peuvent désormais grâce à une application géolocaliser les volontaires formés aux premiers secours et les défibrillateurs situés près d’une victime d’un arrêt cardiaque

Béatrice Colin

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Un défibrillateur installé en ville (illustration).
Un défibrillateur installé en ville (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes
  • Depuis un mois, les pompiers de la Haute-Garonne utilisent le dispositif « Bon Samaritain ».
  • Coordonné à l’application « Staying alive », il permet de solliciter les volontaires formés aux premiers secours qui se situeraient près d’une victime d’un arrêt cardiaque.
  • Aujourd’hui, il y a 2.200 « Bon Samaritain » en Haute-Garonne, les pompiers espèrent qu’ils seront nombreux à s’inscrire sur cette application.

Il y a deux semaines, Mathieu Boutinaud buvait un coup dans le centre-ville de Toulouse avec des amis lorsqu’il a reçu une notification sur son téléphone. La première du genre. Elle lui demandait s’il était disponible pour aller prendre en charge une personne ayant un problème cardiaque non loin de là où il se trouvait.

Pourtant, Mathieu n’est ni médecin, ni pompier professionnel. Il est juste un « Bon Samaritain », inscrit sur l’application « Staying alive » comme plus de 2.200 personnes en Haute-Garonne et près de 108.000 en France et dans d’autres pays du monde. Formé aux premiers secours, il est prêt à intervenir à la demande des pompiers si une personne est victime d’un malaise cardiaque et lui prodiguer les premiers soins en attendant l’arrivée des secours grâce au défibrillateur le plus proche.

« Ça fait plusieurs années que je suis inscrit, cela fait bizarre lorsque vous recevez pour la première fois une notification. Cette fois-là, ils m’ont signifié qu’ils me recontacteraient si les secours avaient besoin de moi, ce qui n’a pas été le cas », raconte ce quadragénaire, par ailleurs sauveteur-secouriste dans son entreprise et animé par une « envie de porter assistance ».

Elle pourrait être mise à l’épreuve de plus en plus souvent ces prochains mois. Depuis quelques semaines, le service départemental d’incendie et de secours de Haute-Garonne (Sdis) utilise en effet ce service qui permet de géolocaliser les volontaires à proximité de la victime, tout comme les défibrillateurs présents sur la voie publique.

Premières minutes décisives

« Grâce à l’application, nous pouvons localiser les personnes inscrites sur l’application et qui se trouvent dans un certain périmètre allant de 500 mètres en zone urbaine à plus d’un kilomètre en zone rurale. Lorsque nous validons leur notification, ils vont recevoir les indications qui leur diront où se trouvent le défibrillateur et la victime. Cela permet de bénéficier d’une réponse immédiate alors que nos délais peuvent être de 5 à 15 minutes », explique le lieutenant-colonel Sylvain Gergaud, chef du groupement Opération au sein du Sdis 31.

Des minutes précieuses pour la personne en détresse, qui peuvent même parfois lui sauver la vie. « Chaque année, 50.000 personnes meurent d’un arrêt cardiaque en France. Le taux de survie est en moyenne de 7 % alors que dans 7 cas sur 10 il a lieu devant un témoin. Plus on masse rapidement, plus la victime a des chances de s’en sortir », explique Laurent Istria, responsable du développement du Bon Samaritain qui est financé grâce au mécénat et est fourni gratuitement aux centres de secours.

Grace à son application, les pompiers ont en un coup d’œil les défibrillateurs situés à proximité de la victime, ainsi que les secouristes inscrits. A Paris, le taux de survie qui était de 17 % est passé à 35 % depuis le déploiement du Bon Samaritain, qui a depuis 2018 eu recours à 6.000 notifications auprès de volontaires.

« Recrutement » de "Bon Samaritain"

« Plus il y aura de secouristes " Bon Samaritain ", plus on donnera aux victimes des chances de survie. Grâce à ce dispositif, le citoyen devient acteur du secourisme », plaide le lieutenant-colonel Sylvain Gergaud qui espère que de nombreux habitants de la Haute-Garonne vont s’inscrire.

Virginie Pasquilini l’a fait il y a un moment déjà. Pour cette habitante de Lagardelle-sur-Lèze, formatrice aux premiers secours, « c’était une évidence ». « C’est important d’être utile, de pouvoir aider quelqu’un en difficultés car souvent les gens qui assistent à un arrêt cardiaque se sentent démunis en attendant les secours », plaide-t-elle.