Alsace : C'est quoi ce séchoir à tabac retenu au loto du patrimoine ?

CULTURE Le bâtiment n'est pas le plus connu parmi les 18 sites retenus

Thibaut Gagnepain

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Le séchoir à tabac de Lipsheim avant qu'il ne soit démonté en 2018.
Le séchoir à tabac de Lipsheim avant qu'il ne soit démonté en 2018. — Ecomusée d'Alsace
  • Depuis ce lundi, le loto du patrimoine 2020 est lancé. Des tickets, à grilles ou à gratter, sont accessibles.
  • Parmi les 18 sites retenus cette année figure le séchoir à tabac de Lipsheim, entreposé actuellement démonté à l’écomusée d’Alsace, à Ungersheim (Haut-Rhin).
  • A quoi ressemble ce bâtiment ? A quoi sert-il ? Combien faut-il pour le remettre d’aplomb ? On vous a préparé une petite antisèche pour briller au prochain repas de famille.

Un phare, une église, un temple, un viaduc et… un séchoir à tabac. Parmi les 18 sites principaux retenus pour le Loto du patrimoine 2020, le représentant du Grand Est n’est pas le plus emblématique.

« A quoi ressemble-t-il ? Ce séchoir à tabac mesure 14 mètres de haut et a une largeur similaire à une maison », explique Déborah Schmitt, responsable de la communication à l’écomusée d’Alsace, à Ungersheim. Depuis 2018 et son démontage à Lipsheim, c’est là que le bâtiment est entreposé. En pièces détachées pour le moment.

Les 240.000 euros nécessaires sont garantis

« On a eu des surprises quand on est allé le chercher, poursuit-elle. Les poutres étaient en plus mauvais état que prévu et l’enveloppe de 80.000 € prévue pour l’opération ne suffit plus. » D’où un appel à la Fondation du patrimoine, qui a transmis le dossier à au loto, avec succès.

Grâce au jeu, où des tickets sont accessibles pour 3 et 15 euros, l’écomusée d'Alsace est assuré de recevoir la somme nécessaire à la restauration et à la valorisation du monument. Soit 240.000 euros. « Dès qu’on les aura, des experts traiteront le bois, on lancera le remontage et on refera du torchis. Puis on lancera la muséographie en créant un étage. Comme ça, les visiteurs pourront monter et voir comment sèche le tabac que nous produisons. »

Le séchoir à tabac de Lipsheim est composé de torchis, une rareté.
Le séchoir à tabac de Lipsheim est composé de torchis, une rareté. - Ecomusée d'Alsace

La technique s’est un peu perdue en Alsace, pourtant première région productrice de ces plantes vertes à grosses feuilles. « On n’utilise plus les séchoirs depuis les années 1990 », détaille Eric Schaeffer, producteur de tabac à Hilsenheim (Bas-Rhin). « Avant, il fallait accrocher chaque feuille sur une ficelle, ça faisait de grandes guirlandes. Maintenant, une fois qu’elles sont ramassées, généralement de début juillet à fin août, on les met dans des fours pendant huit jours. On augmente progressivement la température, de 40° à 70° avant de les sortir et de les réhumidifier un peu. Puis on les conditionne et ça part. » En Belgique en ce qui concerne l’exploitation de 4 hectares qu’il gère avec son frère.

Le séchoir autrefois utilisé est toujours là. « On l’a un peu détruit pour réduire sa hauteur. On s’en sert comme entrepôt maintenant. » Le bâtiment n’était pas composé de torchis, une des spécificités de celui retenu par le Loto du patrimoine.