Monument préféré des Français : Et si le Palais idéal du facteur cheval, joyau de la Drôme, l’emportait ?

PATRIMOINE Le Palais bâti dans la Drôme par le facteur Cheval se visite depuis 115 ans. Il a fait l’objet d’un long métrage et est en lice désormais pour devenir le Monument préféré des Français

Elisa Frisullo

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Le palais idéal du facteur cheval dans la Drôme.
Le palais idéal du facteur cheval dans la Drôme. — F. Jouhanin
  • Le Palais idéal du facteur cheval a été bâti pendant 33 ans par un postier rural dans son potager de Hauterives dans la Drôme.
  • Reconnu comme une œuvre d’art brut, ce palais inspiré de ses rêves et lectures est classé monument historique. Il est en lice pour devenir le « Monument préféré des Français ».
  • Alors que le lauréat doit être connu le 18 septembre, le palais, bénéficie déjà d’une visibilité accrue.

Depuis plus d’un siècle, il attire des visiteurs du monde entier et fait la renommée de la petite commune d’Hauterives, dans la Drôme. Il a fasciné de nombreux artistes de renom, dont le photographe Robert Doisneau dont les clichés inédits jusqu’alors seront prochainement présentés au public. Le Palais idéal du facteur Cheval, une œuvre d’art brut et naïf imaginée et bâtie par un postier rural entre 1879 à 1912, se retrouve depuis quelques semaines sous le feu des projecteurs. Une nouvelle fois.

Après avoir été à l’honneur du long-métrage de Nils Tavernier en 2018, ce palais inhabitable, tout droit sorti des rêves et de l’imagination du postier Ferdinand Cheval, pourrait devenir le «Monument préféré des Français». Le Palais a en effet été sélectionné par les équipes de Stéphane Bern qui doivent dévoiler le 18 septembre au soir, sur France 3, le nom du lauréat parmi quatorze sites en compétition.

A Hauterives, forcément, tout le monde croise les doigts pour que le Palais, classé monument historique en 1969 par Malraux, vienne compléter la liste des édifices plébiscités par le public ces dernières années. Mais la seule nomination a déjà eu des retombées importantes.

Une bonne nouvelle en plein confinement

« Quand nous avons su pour la nomination, cela a été une grande joie. D’autant que pour la première fois, le site retenu l’était pour la grande région Auvergne Rhône-Alpes et non que Rhône-Alpes », s’enthousiasme Frédéric Legros, directeur du Palais depuis un an et demi. La nouvelle a eu d’autant plus de saveur qu’elle est tombée pendant le confinement alors que, à l’instar de tous les établissements culturels, le palais était fermé aux visiteurs.

« Cela nous a donné beaucoup d’espoir. Au sein de cette année si particulière, cela nous permet de voir l’avenir de manière positive », ajoute le directeur, ravi de ce « sursaut de visibilité ». Après le film de Nils Tavernier, la fréquentation de l’édifice, inclassable et intemporel, construit pendant 33 ans par Ferdinand Cheval avec les pierres ramassées pendant ses tournées, a bondi. Plus de 305.000 visiteurs se sont pressés à Hauterives pour découvrir ce joyau en 2019 contre 180.000 environ avant le film. Un attrait qui n’est pas retombé cet été. « Tous les créneaux étaient pleins. En juillet, nous avons accueilli 17 % de public en plus qu’à l’été 2019, qui était déjà exceptionnel grâce au film de Nils Tavernier », souligne Frédéric Legros. Le site a également fait le plein en août.

En temps normal, le Palais, qui s’est visité dès 1905 avec Ferdinand Cheval comme guide, attire 30 % d’étrangers et des visiteurs venus de la France entière. « L’an passé, nous avons accueilli 121 Australiens. J’aime raconter cela car le lien entre l’Australie et Hauterives n'est pas évident », sourit le directeur qui explique ce succès par la nature même de l’œuvre. « Quand on est dans la galerie qui traverse le palais et que l’on regarde autour de soi, on n’est pas capable de dire où l’on est, ni à quelle époque ». D’où l’attrait rencontré depuis des décennies auprès des enfants comme des adultes, des néophytes comme des visiteurs les plus pointus. « Ce bâtiment est populaire et parle à tous. Tout le monde s’y retrouve », résume Frédéric Legros.

Des artistes de renom exposés au palais

Au-delà de la popularité des lieux et de l’œuvre, le travail réalisé à Hauterives pour animer le lieu a convaincu les équipes de Stéphane Bern. Des expositions sont régulièrement organisées dans le Palais pour le faire vivre au travers d’autres artistes célèbres, à l’instar d’Agnès Varda ces derniers mois, et Robert Doisneau (dès le 18 septembre). Et des ateliers pour enfants y sont proposés. « On crée en permanence une actualité au palais », se réjouit le directeur, espérant que le succès rencontré par Ferdinand Cheval « de son vivant » soit confirmé par le vote des Français. Réponse d’ici quelques jours.