Lyon : Neuf millions dérobés lors du braquage du fourgon, l'un des plus gros butins depuis l'affaire Musulin

ENQUETE Un fourgon blindé de la société Loomis a été braqué ce vendredi matin à Lyon. Les malfaiteurs ont mis la main sur un butin énorme

20 Minutes avec AFP

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Illustration de la PJ.
Illustration de la PJ. — Christophe Ena/AP/SIPA

C’est l’un des plus gros butins depuis le « casse du siècle » de Toni Musulin en 2009 : neuf millions d’euros ont été volés dans l’attaque d'un fourgon de la société Loomis vendredi à  Lyon, qui n’a fait aucun blessé mais a laissé des transporteurs « extrêmement choqués ». « Le préjudice s’élève à neuf millions d’euros », a indiqué le parquet, confirmant un chiffre annoncé par la radio RTL.

Le fourgon blindé de la société de transport de fonds a été attaqué par plusieurs personnes armées vers 9 h ce vendredi à sa sortie d’une succursale de la Banque de France, dans le 7e arrondissement de Lyon.

Aucun blessé à déplorer

« Les malfaiteurs ont réussi à prendre immédiatement la fuite après la commission de ces faits. Aucun blessé n’est à déplorer », ajoute le parquet de Lyon. Les pompiers sont seulement intervenus auprès du fourgon incendié par les malfaiteurs.

Une enquête a été ouverte pour vol avec arme en bande organisée, confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée de Lyon, chargée des dossiers touchant à la grande criminalité, et à la police judiciaire.

Selon le quotidien régional Le Progrès, le fourgon a été bloqué par deux utilitaires situés devant et derrière lui. Les braqueurs ont menacé les convoyeurs pour s’emparer du chargement avant de prendre la fuite dans deux autres véhicules retrouvés incendiés au sud de la ville.

Une « attaque audacieuse »

« Ce qui nous a un peu surpris, c’est que c’est une attaque audacieuse, en pleine ville », a déclaré Michel Tresch, PDG de Loomis France. Le braquage de vendredi « rappelle que le métier de Loomis est un métier à risque ». « L’essentiel, c’est que les convoyeurs soient sains et saufs », a-t-il ajouté. « Trois collègues sont extrêmement choqués », a ajouté Kader Bengueche, délégué CGT Loomis. Lundi, ils seront reçus par une psychologue de l’entreprise afin « de pouvoir absorber ce choc moral ».

Le syndicaliste a aussi demandé l’ouverture d’une enquête interne. Les transporteurs suivent des « formations assez poussées pour s’extraire de guet-apens (…) et là, ce qui est particulier, c’est qu’ils aient ouvert la porte aux braqueurs », a-t-il souligné. « De ce que je crois savoir, tous n’étaient pas forcément rompus à l’exercice du transport de fonds en Banque de France », exercice « qui demande une certaine dextérité », a-t-il ajouté.

Un célèbre précédent à Lyon

Ce butin en billets de banque est le plus important en France depuis le vol d’un fourgon, déjà à Lyon, en 2009 commis par l’un de ses convoyeurs resté célèbre, Toni Musulin : il s’était volatilisé avec 11,6 millions d’euros, dont 9,1 millions retrouvés ensuite dans un box qu’il avait loué.

Il s’agissait déjà d’un véhicule de la société Loomis, régulièrement prise pour cible par des braqueurs, en particulier dans la région lyonnaise. En mai 2017, la police judiciaire avait arrêté en Haute-Savoie sept malfrats de la région lyonnaise de retour d’un braquage de fourgon Loomis commis en Suisse, au butin colossal : 35 millions d’euros (pour l’essentiel des billets de différentes devises, mais aussi des diamants et lingots d’or) avaient alors été retrouvés.

En décembre 2016, au moins quatre malfaiteurs avaient dérobé 70 kg de poudre d’or, d’une valeur marchande de 2,5 millions d’euros, lors du braquage d’un fourgon de la même société à Dardilly, près de Lyon. Loomis a également subi des attaques dans d’autres régions.

« Une très large baisse de ce type d’attaques »

En mars 2020, le braqueur multirécidiviste Redoine Faïd a été condamné en appel à vingt-huit ans de réclusion pour l’attaque à l’explosif d’un fourgon de la société dans le Pas-de-Calais en 2011, dont le butin était de deux millions d’euros. En 2013, sept millions d’euros en liquide avaient été volés lors d’un braquage d’un fourgon Loomis près de Rouen.

Vendredi, le PDG de Loomis France a toutefois assuré qu’il y avait eu « une très large baisse de ce type d’attaques », en comparaison avec les années 2000. Aujourd’hui, « il est beaucoup plus facile de faire des attaques [sur Internet] via des hackeurs, que d’attaquer un blindé, ce n’est pas le même degré d’exposition », a-t-il relevé.