Coronavirus à Bordeaux : Le port du masque obligatoire dans tout le centre-ville à partir de ce lundi

COVID-19 Alors que le taux d’incidence a été multiplié par dix en quatre semaines à Bordeaux, le port du masque est rendu obligatoire dans tout le centre dès ce lundi

Mickaël Bosredon

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A partir du lundi 31 août, le masque sera obligatoire dans tout le centre-ville de Bordeaux
A partir du lundi 31 août, le masque sera obligatoire dans tout le centre-ville de Bordeaux — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Le taux d’incidence a atteint à Bordeaux 111,6 pour 100.000 habitants, et a été multiplié par dix en quatre semaines, tandis que le taux de positivité est passé de 1 % à 5 %.
  • C’est pourquoi le port du masque est rendu obligatoire dans tout le centre-ville à partir de ce lundi, et dès samedi pour les marchés de la métropole.
  • Le maire Pierre Hurmic s’inquiète aussi des rassemblements et des pique-niques sur les quais de Bordeaux, où les distanciations ne sont pas respectées.

« Un contexte très préoccupant, avec une courbe du virus exponentielle, qui nous appelle tous à une extrême vigilance. » Le maire EELV de Bordeaux Pierre Hurmic, a annoncé  de nouvelles dispositions qui entrent en vigueur sur Bordeaux et la métropole ce lundi, alors que le département de la Gironde a été classé rouge jeudi, en raison de la circulation active du virus.

De gauche à droite, Patrick Dehail, Olivier Serre, Pierre Hurmic et Sylvie Justomen le 28 août 2020 à la mairie de Bordeaux.
De gauche à droite, Patrick Dehail, Olivier Serre, Pierre Hurmic et Sylvie Justomen le 28 août 2020 à la mairie de Bordeaux. - Mickaël Bosredon/20 Minutes

A Bordeaux, il a été décidé que « toute personne de plus de 11 ans doit porter un masque de protection dans tout le centre-ville, soit la partie intérieure aux cours [c'est-à-dire entre les cours de la Marne, d'Albret, de Verdun, de Martinique et les quais]. » Pourquoi uniquement le centre ? « Même si la propagation du virus galope, nous n’avons pas un taux d’incidence comparable à la ville de Marseille, justifie le maire, nous avons donc décidé de se cantonner au centre, et pour qu’une mesure soit efficace il faut qu’elle soit contrôlée, or il est difficile aujourd’hui de contrôler l’intégralité de la ville » « Il n’empêche, ajoute-t-il, que nous ne nous interdisons pas d’étendre ce périmètre si le besoin s’en fait sentir. »

La préfecture de la Gironde a indiqué de son côté vendredi midi, avoir pris en arrêté qui est entré en vigueur samedi, et qui rend le port du masque obligatoire « pour toutes les personnes de plus de onze ans qui se déplacent à pied dans les marchés ouverts, et à moins de 50 m de l’entrée des établissements scolaires, du lundi au vendredi de 7 h à 19 h. » Cet arrêté concerne les 28 communes de Bordeaux Métropole. Le port du masque sera aussi obligatoire place Chevalaure à Bouliac, ajoute la préfecture.

Cyclistes et joggers ne devraient pas être concernés par le port du masque

« Le port du masque va devenir une mesure de vie courante qui va durer plusieurs mois, ce sera notre façon de fonctionner le temps nécessaire de trouver un vaccin efficace » prévient Patrick Dehail, conseiller médical du directeur de l’ARS (Agence régionale de Santé). Toutefois, le maire de Bordeaux a précisé que « les agents verbalisateurs sauront faire preuve de tolérance avec les gens [enlevant leur masque] qui sont en train de manger une glace ou une gaufre ponctuellement ; les agents ne seront pas à la chasse à tout prix, il faut verbaliser ceux qui sont vraiment récalcitrants au port du masque. »

Concernant les cyclistes et les joggers, « ils ne sont pas mentionnés dans le projet d’arrêté préfectoral » assure Pierre Hurmic qui dit avoir demandé « que les cyclistes soient exclus du port du masque, et la situation du jogger me paraît comparable, car faire du sport avec le masque c’est particulièrement inconfortable et ce n’est pas ce qui constitue le risque de propagation. »

Les contrôles dans les cafés et restaurants vont « s’intensifier dans les jours qui viennent »

Pierre Hurmic a par ailleurs lancé une alerte : « Nous constatons des phénomènes inquiétants sur les quais », explique-t-il, « il y a encore beaucoup de pique-niques, avec des regroupements resserrés qui constituent des sources de danger. Avant que l’on soit amené à prendre des dispositions plus draconiennes, il faut éviter ces rassemblements qui sont source de propagation. »

Sur la situation dans les cafés et restaurants, le maire de Bordeaux a annoncé que, même si la plupart des établissements respectent les consignes, les contrôles « allaient s’intensifier et s’aggraver dans les jours qui viennent. » « Il y a une volonté du côté de la préfecture de plus de sévérité vis-à-vis des établissements. »

La tranche d’âge des 20-30 ans particulièrement touchée

« Le constat que nous faisons en Nouvelle-Aquitaine et en Gironde, c’est un relâchement certain des gestes barrière, qui a participé à une inflation de la situation épidémiologique, alerte de son côté Olivier Serre, directeur départemental de l’ARS. Et nous constatons depuis quelques jours une évolution des hospitalisations, qui n’est pas très importante, de l’ordre de 5 %, mais la courbe est là. »

Patrick Dehail a détaillé les derniers chiffres sur le département. « Le taux d’incidence, qui représente le nombre de nouveaux cas pour 100.000 habitants par semaine glissée, a atteint 33,7 en Nouvelle-Aquitaine, soit au-delà du seuil d’appréhension qui est de 20. En Gironde nous sommes à 74,6, donc au-delà du seuil d’alerte, et à Bordeaux nous sommes à 111,6. Le taux d’incidence à Bordeaux a été multiplié par dix en quatre semaines. »

Ce taux d’incidence est variable selon les tranches d’âge. « Ce sont plutôt les personnes de 15 à 44 ans qui sont concernées, et tout particulièrement les 20-30 ans. Ces derniers sont au-delà de 200 cas pour 100.000 par semaine. Ce qui explique probablement que le retentissement en termes d’hospitalisations et de réanimations à l’hôpital, n’est pas trop ressenti, puisque les tranches d’âge les plus fragiles ne sont pas encore trop concernées. »

La situation actuelle « directement liée à ce que nous avons fait cet été »

Cette augmentation « n’est pas uniquement liée au fait que l’on dépiste beaucoup, puisque le taux de positivité confirme que l’augmentation est réelle » poursuit Patrick Dehail. « Ce taux de positivité était de 1 % au mois de juin, actuellement nous sommes au-delà de 5 % à Bordeaux. »

Ces chiffres ne concernent pas les touristes, mais uniquement les résidents, précise encore Patrick Dehail, même s’il y a eu bien entendu un « effet vacances, nous l’avons tous constaté, et la situation actuelle est directement liée à ce que nous avons fait cet été. »