Coronavirus : Il y aura « des contaminations à l’école » mais « on va les gérer », assure le Conseil scientifique

RENTREE SCOLAIRE « Il faut que la rentrée puisse se passer », a également indiqué le Conseil scientifique

J.-L.D. avec AFP

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Jean-François Delfraissy est le président du Conseil scientifique.
Jean-François Delfraissy est le président du Conseil scientifique. — Jacques Witt/SIPA

« Il y aura des contaminations à l’école » mais « on va les gérer », a assuré lundi le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, qui juge « fondamental » que la rentrée scolaire prévue le 1er septembre ait lieu malgré le Covid-19.

« Il faut que la rentrée puisse se passer. Et j’annonce d’emblée qu’il y aura des contaminations à l’école, et qu’on va les gérer », a déclaré sur Franceinfo le président de l’instance qui conseille le gouvernement pendant la pandémie. « Il y aura des enfants qui vont se contaminer et il y aura probablement quelques enseignants qui vont se contaminer. Eh bien on va le gérer », a-t-il ajouté.

Des tests et des enfants porteurs

« On est capable maintenant de tester, il faut qu’on fasse un effort majeur sur l’isolement (des cas positifs pour éviter la contagion, NDLR), mais il faut qu’on rentre dans cette stratégie de gestion de risque », a-t-il poursuivi, en soulignant qu'« il y a pas de risque zéro ». Le Pr Delfraissy dit s’appuyer sur « les connaissances qu’on a acquises sur la circulation du virus chez l’enfant ».

« Les enfants sont porteurs du virus, mais (…) en petite quantité », et « les formes graves chez l’enfant sont exceptionnelles », a-t-il rappelé. En outre, « la transmission qu’on observe à l’école n’est pas des enfants vers les enseignants ou les parents, mais plutôt des enseignants ou des parents vers les enfants ».

La classe restera ouverte

« Il est fondamental que l’école reprenne », a plaidé le scientifique. « On ne peut pas laisser cette génération d’enfants sans reprendre », a-t-il insisté, en mettant en avant le « rôle de prise en charge sociale » de l’école pour « les enfants des familles les plus défavorisées ».

En cas d’infection avérée, « on peut fermer la classe », a dit le Pr Delfraissy. « Fermer l’école, il faudra bien y réfléchir, ça va dépendre de l’environnement qu’il y a autour de cette école en général ». Il n’est pas favorable à un dépistage régulier des enseignants : « On ne va pas (les) tester toutes les semaines ou tous les 15 jours. C’est pas possible ».

Mais « à la moindre suspicion à la fois à l’intérieur d’une classe, d’une relation familiale ou d’un enseignant qui a été contact, oui, là, on teste de façon très très large ». Enfin, le Pr Delfraissy ne serait « pas contre » la mise à disposition gratuite de masques à l’école.